Le chômage et la retraite peuvent sembler opposés, mais ils ne le sont pas nécessairement. Plusieurs critères déterminent dans quelle mesure les périodes de chômage sont prises en compte pour l'acquisition des trimestres nécessaires au départ à la retraite. L'essentiel réside dans la nature de ce chômage : indemnisé ou non, ainsi que dans les périodes de référence, avant ou après 1980.
Chômage indemnisé et validation des trimestres
Si vous êtes en chômage indemnisé et que vous percevez une compensation de Pôle Emploi, cette période est considérée comme valide par l'Assurance retraite de la Sécurité sociale. Autrement dit, le chômage indemnisé contribue à augmenter votre durée d'assurance retraite. Cela signifie également que cela n'affecte pas votre départ à la retraite. Chaque année civile, vous pouvez valider jusqu'à 4 trimestres, avec 1 trimestre validé pour 50 jours d'indemnisation. Pôle Emploi se charge d'informer automatiquement l'Assurance retraite de votre situation.
Allocations de chômage et trimestres validés
Les allocations chômage qui peuvent vous permettre d'acquérir des trimestres supplémentaires incluent :
- Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE)
- Allocations de solidarité telles que l'ASS, l'AER, ou encore l'ATA
- Allocation pour les chômeurs âgés (ACA)
- Allocation spéciale du Fonds national de l'emploi (AS-FNE)
- Allocation de conversion en cas de congé de conversion
- Allocation de sécurisation professionnelle (ASP)
- Allocation de reclassement
Bien que le chômage indemnisé n'impacte pas la durée de votre assurance, il peut influencer le montant de votre retraite, car cette période peut être incluse dans le calcul de votre pension. Conservez toujours vos justificatifs de chômage pour votre demande de retraite.
Les impacts du chômage non indemnisé sur l'âge de départ à la retraite
Si vous arrivez à la fin de vos droits d'indemnisation, vous pourrez faire valoir votre période de chômage pour votre durée d'assurance retraite durant 1 an. Dans certaines conditions, cette durée peut être étendue à 5 ans, à savoir :
- Être âgé de plus de 55 ans à la fin de l'indemnisation
- Avoir cotisé au moins 20 ans à un régime de retraite
- Ne plus être soumis à un régime obligatoire d'assurance
Chaque tranche de 50 jours validée permet d'obtenir 1 trimestre, toujours limité à 4 par an. Si votre période de chômage non indemnisé a eu lieu avant 2011, une prise en compte d'un an est possible, tandis qu'après 2011, cela s'étend à un an et demi.
Combiner chômage et départ à la retraite
Lorsque vous atteignez l'âge légal de départ à la retraite ou avez accumulé le nombre de trimestres requis, les versements d'allocations chômage cessent. Pour continuer à bénéficier d'allocations, il est nécessaire de justifier d'un manque de trimestres 6 mois avant l'âge légal. Cette possibilité vous permet de recevoir une allocation jusqu'à ce que vous ayez validé le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein. Voici les conditions à remplir :
- Avoir au moins 62 ans
- Être indemnisé au moins 365 jours
- Avoir au moins 12 ans d'affiliation au régime d'assurance chômage
- Valider au moins 100 trimestres auprès de l'Assurance vieillesse
- Avoir travaillé 1 an continu ou 2 ans discontinu durant les 5 dernières années
Le montant perçu durant cette phase reste identique à celui de l’indemnisation initiale. Notez également que tout dispositif d'indemnisation est limité par l'âge, fixé à 67 ans. Il est donc crucial de bien anticiper le chômage en fin de carrière pour éviter les ruptures de droits.
Chômage partiel et impact sur la retraite
En cas de chômage partiel, l'indemnisation par l'employeur représente 70 % du salaire brut, tandis que l'État et l'Assurance chômage aident à financer cette aide. Cependant, cette situation n'est pas soumise à des cotisations sociales, ce qui empêche la validation des trimestres. Cela peut être particulièrement défavorable pour les CDD de courte durée ou les travailleurs en activité partielle. Pour les employés en CDI, il y a moins d'impact, à condition de cotiser suffisamment avant ou après. Néanmoins, l'activité partielle peut réduire le montant final de la retraite, surtout au niveau des retraites complémentaires, comme l'Agirc-Arrco, qui ne comptabilise des points qu'avec certaines conditions.







