Le jeudi 2 avril, une grève d'une ampleur remarquable a paralysé les deux collèges publics de la Flèche, à savoir le Vieux Chêne et le Petit Versailles. Les enseignants, soutenus par les élèves, ont lancé l'opération "Collège mort" pour s'opposer à la nouvelle carte scolaire, rendant compte des importantes suppressions de classes à venir dans ces établissements. Selon des données officielles, la rentrée 2026-2027 s'annonce particulièrement difficile dans la Sarthe, avec 42 classes qui fermeront dans le primaire et seulement quatre nouvelles qui seront créées. De plus, 22 postes équivalents temps plein dans le secondaire, dont ceux de ces deux collèges, seront supprimés, une mesure qui se justifie par une baisse démographique, selon l'État.
Devant les grilles du Petit Versailles, une vingtaine de professeurs et surveillants se sont mobilisés. Près de 90 % des enseignants de l'établissement ont pris part au mouvement. "C’est exceptionnel, cela fait 31 ans que je travaille ici et c’est la première fois que je vois autant de mobilisation", a commenté Nathalie Mauny, professeure de SVT et membre du conseil d'administration. "Nous allons perdre une classe de troisième. Nous n’en aurons plus que trois, et nos moyens diminuent. Les élèves sont déjà nombreux en classe ; à 30, cela deviendrait insupportable", a-t-elle ajouté.
Des élèves étaient également présents pour exprimer leur désaccord, comme Rose, élève de 4ᵉ. "Mettre 30 élèves par classe, c'est inacceptable. Nous avons déjà du mal à travailler efficacement dans des classe déjà chargées," a-t-elle déclaré, soutenue par ses camarades.
De l'autre côté de la ville, le collège Le Vieux Chêne va lui aussi subir des pertes, avec une classe de sixième et une de quatrième qui seront supprimées. Les parents d'élèves, comme Virginie, mère d'un élève de sixième, apportent également un soutien indéfectible aux enseignants. "Des classes surchargées aggraveront les problèmes, c'est certain", a-t-elle indiqué. Jean-Pierre, un autre parent, a ajouté, "Cette réduction des classes ne vise qu'à des économies budgétaires. Quand on dit que l’enfant est au centre du dispositif, c'est erroné".
Les pancartes brandies par les grévistes reflètent leur colère : "Un budget pour éduquer, pas pour bombarder". En effet, en 2026, le budget consacré à la défense a été augmenté de presque 7 milliards d'euros, alors que celui de l'Éducation nationale reste stagnant, avec seulement 0,3 % d'augmentation. Cette situation soulève des interrogations profondes sur les priorités du gouvernement en matière d'éducation.







