L'ancien président du conseil régional de PACA a eu l'occasion de partager plusieurs moments avec l'ancien Premier ministre. Michel Pezet se souvient d'un concert aux Chorégies d'Orange, témoignant d'une complicité sans mots : « Quelque chose, avec la musique, est passée entre nous sans qu'on ait besoin de parler. » Membre des « amis du mercredi », un groupe qui se réunissait régulièrement autour de Jospin pendant qu'il était ministre, Pezet reste en contact avec ces camarades depuis l'annonce du décès de cette figure emblématique du Parti socialiste. « Beaucoup sont partis... »
Une clarté et une autorité remarquables
L'ancien adjoint de Gaston Deferre affirme qu'il ne peut ignorer le côté parfois « raide » de Jospin, mais insiste sur « une clarté » dont la politique actuelle manque cruellement. « Ce qui me frappait chez Lionel, c'était sa clarté de pensée et son autorité. Ce n'était pas un homme à plaisanteries, c'était un professeur. Un homme sérieux. » Pour lui, l'hommage national qui lui est rendu est amplement mérité pour « un vrai homme politique, un bel homme politique. »
Une erreur politique regrettable
Celle qui l'a côtoyé à plusieurs reprises souligne que Lionel Jospin a « tiré le Parti socialiste vers le haut ». Toutefois, Michel Pezet ne pardonne pas ce qu'il considère comme une « faute politique : avoir refusé le combat après 2002 ». Son retrait suite à la défaite au premier tour de l'élection présidentielle reste incompréhensible pour lui, le qualifiant de victime des sondages. « Il est devenu conscient de leur impact, mais son honneur l'a peut-être conduit à une décision inappropriée à ce moment-là. »
Un Premier ministre de gauche fort et engagé
Indiscutablement, Lionel Jospin a été un Premier ministre de gauche inébranlable. Pezet souligne que cette gauche était une gauche démocrate. En ces temps de tourments, il exprime son désarroi face à la récente soirée électorale des municipales : « À les entendre, ils ont tous gagné. Personne n'aborde les véritables problèmes sociétaux et du quotidien. » Pour lui, la gauche à l'époque de Jospin était fondée sur la liberté et l'empathie envers autrui. « Le regard vers les autres et ceux qu'il faut aider, c'était cela, la gauche de Lionel Jospin. »







