Située à Soligny-la-Trappe, dans l'Orne, cette abbaye a été habitée par des moines pendant près d'un millénaire. La communauté monastique envisage un départ définitif en 2028, en raison d'un manque de vocations et du coût d'entretien d'un patrimoine foncier de grande taille.
Frère Jean-Baptiste, un moine présent à l'abbaye depuis plus de 25 ans, se consacre à la confection de pâtes de fruit pour la communauté. Pour lui, cette annonce ne peut que susciter des émotions : "Ça nous touche... Je ne peux pas évaluer exactement ce que cela représente. Tout est difficile à appréhender. Cependant, il est essentiel de rebondir, de vivre," confie-t-il avec une certaine mélancolie.
Un ordre profondément lié à son lieu de vie
Les frères de La Trappe emporteront avec eux les vestiges de neuf siècles d'histoire. La première communauté a été établie ici en 1040. À cette époque, ils ont survécu aux tumultes de la guerre de Cent Ans, à la Révolution française ainsi qu'aux deux guerres mondiales, témoignant d'une résilience intacte.
Père Thomas, l'abbé de la communauté, explique que le nom de leur ordre, "La Trappe", provient des pièges que les gens installaient pour attraper du gibier : "Ici, ça s'appelait La Trappe parce que..." Il rappelle que c'est aussi la réforme de l'abbé Drancy qui a fini par rendre le terme "trappiste" usuel.
Une crise des vocations
Questionnés au sujet de leur avenir, les moines, qui ne sont plus que douze en raison d'une crise des vocations, admettent que la gestion d'un monastère de 150 hectares est devenue trop complexe. "Cela pose des questions de gestion des bâtiments, d'occupation de l'espace et, bien sûr, de dynamisme communautaire. Ce choix a été fait pour préserver notre vie monastique," précise le père abbé.
Bien que le monastère ne soit pas encore mis en vente, la communauté espère qu'il gardera sa vocation religieuse après leur départ en 2028. En attendant, leurs activités continuent comme à l'accoutumée.







