Des milliers de salariés et de retraités ont envahi les rues de Caracas lundi pour revendiquer une hausse de ce qu'ils appellent leurs "salaires de la faim" et des pensions "de la mort", gelées depuis quatre ans. En effet, alors que l'inflation atteint des chiffres vertigineux, dépassant les 600 %, le pouvoir d'achat des Vénézuéliens s’est effondré.
Le salaire minimal se limite aujourd'hui à environ 28 centimes de dollar par mois, une somme dérisoire face à une inflation galopante. La dernière révision des salaires remonte à 2022. "Ce n'est plus un salaire !", s’exclame Pilar Navarro, retraitée de 72 ans. "Comment faire avec une pension qui ne couvre même pas l'achat de médicaments?"
Malgré de possibles primes cumulées pouvant porter les revenus à 150 dollars, cela reste bien en deçà des 645 dollars estimés nécessaires pour un panier alimentaire basique, selon des analyses économiques. Les syndicats exigent un salaire minimum de 200 dollars, insistant sur la nécessité d'un réajustement basé sur les bénéfices des ressources pétrolières.
Un blocage policier face au cortège
Lors de la manifestation, un slogan ironique "Free the salario" a trouvé un écho parmi les manifestants, en réponse au déjà célèbre "Free Maduro". Bien que ces derniers aient prévu de se rassembler devant le ministère du Travail, des motards pro-gouvernementaux et des forces anti-émeute ont bloqué leur chemin.
Les syndicats, représentés par des voix comme celles de Griselda Sanchez, affirment que l'argent généré par le pétrole devrait être utilisé pour améliorer les salaires. Cependant, de nombreux experts, comme le professeur d'économie Camille Grenier, soulignent que, dans le contexte économique actuel, le Venezuela ne peut pas supporter une telle augmentation des salaires.
Parallèlement, des partisans du gouvernement ont également manifesté, appelant à une levée totale des sanctions internationales, qu'ils accusent d'accentuer la crise. Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, soutient que l’assouplissement des sanctions pourrait faciliter une meilleure gestion des salaires. Les conséquences de cette crise obligent près de 8 millions de Vénézuéliens à fuir leur pays depuis 2013.







