Emmanuel Grégoire, représentant de la gauche unie hors LFI, a été élu maire de Paris dimanche, infligeant une défaite sévère à Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est dirigé vers l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo l'a chaleureusement accueilli, lui remettant symboliquement la clé de la ville.
Grégoire, âgé de 48 ans, a obtenu 50,52 % des suffrages, marquant un écart de neuf points avec la candidate de droite, Rachida Dati, qui échoue une nouvelle fois à conquérir la capitale, dominée par la gauche depuis 25 ans. Sophia Chikirou, candidate insoumise, a terminé troisième avec 7,96 % des voix.
"Paris a choisi de rester fidèle à son héritage," a déclaré Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad, acclamé par ses partisans. Selon lui, son succès représente "une promesse exigeante" et "une victoire d'une certaine vision de Paris, une métropole vivante, progressiste et populaire".
Grégoire a ajouté : "Ce n'est pas une victoire d'une partie de Paris contre une autre," soulignant la diversité de la capitale malgré les prévisions de scrutin serré. À peine sa victoire annoncée, il a pris la direction de l'Hôtel de Ville, où l'attendaient Anne Hidalgo et l'ancien maire Bertrand Delanoë, une figure emblématique de la gauche parisienne depuis 2001.
"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense," a confié Hidalgo, avant d’étreindre longuement Grégoire. En retour, il a remercié Hidalgo pour ses mots affectueux, marquant la fin des tensions entre eux.
"Je pense à ceux qui dorment dans les rues, aux plus vulnérables qui ont besoin de la gauche," a-t-il poursuivi, avant de prendre le métro pour se rendre à Stalingrad.
- Réactions très contrastées chez Dati -
À l'annonce officielle des résultats, des centaines de supporters ont célébré la victoire, scandant "Paris reste à gauche !". "Je suis soulagée ! Je n'attendais pas un tel écart, c'est vraiment incroyable," a réagi Nolween Caruso, une jeune sympathisante.
Bière en main, Léo a vu dans cette victoire un soulagement face au risque d'une victoire de Dati soutenue par l'extrême droite : "Dans une ville comme Paris, cela aurait été catastrophique," a confié ce militant PS.
De son côté, Rachida Dati, qui avait déjà été battue par Hidalgo en 2020, a reconnu dans un message concis qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre" les Parisiens du changement nécessaire. Cette déception était palpable au QG de campagne, où Eva Sultan, une militante de 57 ans, a partagé son profond désarroi.
À l’opposé, chez Sophia Chikirou, ambiance de fête, célébrant la victoire de Grégoire. La candidate insoumise a salué ce résultat comme un rejet clair de la droite et a exprimé sa satisfaction face à l'entrée d'élus LFI au Conseil de Paris.
Pierre-Yves Bournazel, ancien candidat de droite, a souhaité que Paris réussisse et continue à être la capitale de la lutte contre les extrémismes politiques, bien qu’il ait choisi de se retirer de la course, un geste perçu comme un désaveu à Dati.
- Équilibre politique inchangé dans les arrondissements -
"Je suis très triste pour les Parisiens," s'est exprimée Sarah Knafo, ancienne candidate d'extrême droite, qui avait renoncé à sa candidature pour favoriser une défaite de la gauche. Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, a analysé le vote comme un reflet de la difficulté de Dati à capter l'électorat traditionnel du centre-droit, indiquant que son score était le résultat des reports de votes du premier tour, sans le soutien des autres candidats.
Dans l'ensemble, la configuration politique des arrondissements reste stable, avec neuf à gauche et huit à droite. Lucie Castets a été élue maire du XIIe arrondissement, remplaçant une maire écologiste mise à l'écart en raison d'une gestion controversée. Le chef des écologistes, David Belliard, a remporté le XIe arrondissement grâce à un accord d'union avec les socialistes.
L'élection formelle du maire se déroulera dimanche prochain.







