Six personnes répondent de l’assassinat de deux individus en 2019 près de Marseille, dont "Gaby" et "Mamine", récemment impliqués dans une opération policière majeure contre cette organisation illégale.
Ce lundi 23 mars, le tribunal d’Aix-en-Provence se penche sur un meurtre survenu dans un décor de rivalités entre clans marseillais. Les victimes, Farid Tir et Mohamed Bendjaghlouli, ont été tuées lors d'une vendetta entamée en 2010 dans le quartier de Font-Vert. Les six accusés sont jugés jusqu'au 10 avril pour "meurtre en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs". Cinq d’entre eux sont particulièrement visés par des accusations graves.
Le procès met en lumière les ramifications de la DZ Mafia, un groupe criminel ayant récemment été visé par une opération dénommée "Octopus", selon Franceinfo. Gabriel O. et Amine O. sont accusés d'exercer des activités criminelles depuis leur détention, incarnant les figures de proue de cette organisation.
Des victimes criblées de balles dans un hôtel
Le 30 août 2019, les corps de Farid Tir et Mohamed Bendjaghlouli ont été découverts dans une chambre de l'hôtel Formule 1 à Cabriès, criblés de balles. Les enquêteurs, grâce aux vidéosurveillance, ont identifié les assaillants, qui auraient été accompagnés par une tierce personne.
Mohamed Bendjaghlouli était un ami de la cible, sa mort est perçue comme une tragique conséquence des conflits familiaux, mettant une nouvelle fois en avant les répercussions d'une guerre des clans sur la vie des innocents.
Un cycle de violence entre clans
Depuis 2010, un engrenage de violence s'est installé entre les familles Tir et Berrebouh et la famille Remadnia, auparavant unies. Ce cycle de violence a coûté la vie à plusieurs membres des familles disputant le territoire marseillais. Saïd Tir, le grand-père de Farid, a été l'une des premières victimes, tué en 2012 avant son procès pour trafic de stupéfiants.
Karim Tir, l'oncle de Farid, a également été exécuté, témoignant de l'extrême intensité de ces rivalités. D'autres assassinats, comme celui de Zakary Remadnia, ont également prolongé ce cycle de représailles violentes.
Un contrat d'assassinat de 300 000 euros
Farid Tir, soupçonné de vouloir prendre des points de deal de drogue, était la cible d’un contrat d’assassinat évalué à 300 000 euros, selon les révélations d'une enquête menée par Franceinfo. Des connexions entre les chefs de réseaux, qui œuvraient depuis l'étranger, ont largement contribué à la planification de son élimination.
Le complot a été orchestré de manière sophistiquée, avec l'aide de complices qui ont infiltré le cercle de Farid. Un des exécutants, Zaineddine A., a été transporté sur le lieu du crime après avoir reçu des instructions claires.
Les poids lourds de la DZ Mafia au banc des accusés
Alors que le procès se déroule, le nom de la DZ Mafia résonne comme un spectre sur les bancs judiciaires. Gabriel O. et Amine O. sont ainsi devenus influents au sein de cette organisation criminelle, qui continue d'effectuer des opérations depuis les prisons.
Des accusations graves pèsent sur Amine O., qui pourrait écoper de lourdes peines, tandis que Gabriel O. fait face à une possible réclusion criminelle à perpétuité, un destin partagé avec ses complices. Ce procès symbolise une lutte continuelle contre l'injustice dans un monde où la violence d’hier comme d’aujourd’hui persiste à hanter la société.







