Lors d'un meeting à Lyon le 26 octobre, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI), a provoqué une vive controverse après avoir mal prononcé le nom de Jeffrey Epstein. Ses mots, teintés d'ironie, lui ont valu des accusations récurrentes d'antisémitisme qui semblent s'accrocher à son parti.
« L'affaire Epstein… Ah, je voulais dire 'Epstine', pardon ! Ça fait plus russe, 'Epstine'. » Ces propos, énoncés de manière désinvolte devant un public amusé, ont immédiatement suscité des réactions indignées au sein de la classe politique. Marine Tondelier, Carole Delga et Éric Lombard, des figures politiques de gauche, n'ont pas tardé à reprocher à Mélenchon un propos jugé inacceptable. Tondelier a commenté que « vraiment, rien ne va dans ces propos », tandis que Lombard a souligné qu'il s'agissait de « codes de l'antisémitisme ».
« Dans la ville des résistants, les mots ont un poids. Il n’y a ni hasard ni dérapage ici : il y a une responsabilité. » - Carole Delga
Face à cette controverse, Mélenchon a pris la parole sur son compte X, affirmant que le débat autour de ses propos était une polémique injustifiée. Il a également souligné que ceux qui l'accusent d'antisémitisme cherchent à rapprocher tout sujet de cette question sensible. Malgré ses tentatives de défense, l’étiquette antisémite continue de peser sur son parti.
Une étiquette antisémite renforcée depuis le 7 octobre 2023
La controverse a pris de l'ampleur après les événements du 7 octobre 2023, lorsque le conflit à Gaza a éclaté. La réticence de LFI à qualifier le Hamas d'organisation « terroriste » en faveur de l'expression « crimes de guerre » a suscité de vives critiques. Quelques semaines plus tard, le parti choisissait de ne pas participer à une marche nationale contre l'antisémitisme, invoquant la présence du Rassemblement National comme raison de son abstention.
« Les postures n’ont pas leur place dans ce moment grave. L'absence de La France Insoumise parle d'elle-même. » - Élisabeth Borne
À l'approche des élections européennes de 2024, les allégations autour de la candidate Rima Hassan et de ses prétendus appels à la disparition de l'État d'Israël ont ravivé la flamme des accusations d’antisémitisme. Parallèlement, une campagne publicitaire de LFI a également été critiquée pour sa ressemblance troublante avec des éléments d'imagerie nazie, un choix que le parti a rapidement fait disparaître pour éviter d'accentuer la polémique.
Une communication qui pose parfois problème
Les controverses ne s'arrêtent pas là. En janvier 2025, une décision prise par le parti d'annoncer qu'ils ne renouvelleraient pas le soutien à leur candidat pour la mairie de Romilly-sur-Seine, Yves Bouteiller, accusé de publier des contenus jugés antisémites, a encore alourdi le bilan de LFI sur cette question. Les propos souvent controversés de Mélenchon et de certains subordonnés continuent de renforcer l'idée d'un lien entre LFI et l'antisémitisme dans l'esprit de nombreux Français.
À moins de deux semaines des élections municipales, ces derniers événements soulignent les défis majeurs auxquels La France Insoumise fait face dans la perception publique de son discours.







