La stratégie discrète d'Éric Ciotti : huit membres du RN en embuscade à Nice

À Nice, la présence discrète du RN sur la liste d'Éric Ciotti soulève des questions.
La stratégie discrète d'Éric Ciotti : huit membres du RN en embuscade à Nice
Le maire de Nice, Christian Estrosi a présenté ses colisitiers parmi lesquels figurent huit cadres de RN local.  - T-Carpico

Il ne les affiche pas, mais ils sont bien présents. Éric Ciotti, candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Nice, a récemment présenté ses 70 colistiers, parmi lesquels se cachent discrètement huit figures du Rassemblement national local.

Sur ces huit candidats, six pourraient intégrer le futur exécutif municipal si le député niçois, tête de la liste UDR, venait à l'emporter face au maire sortant, Christian Estrosi (Horizons), comme le laisse présager un sondage récent.

« Une liste sans étiquette »

« Il ne faut pas oublier que lors des élections européennes de 2024, nous avons atteint 32 % à Nice, un Niçois sur trois », souligne Benoît Kandel, responsable du RN à Nice. Ancien colonel de gendarmerie et ex-1er adjoint de Christian Estrosi, il figure également en position éligible sur la liste.

« C’est une liste sans étiquette, réunissant des candidats de divers horizons politiques, principalement issus de la droite. J’ai construit une alliance entre l’UDR et le RN, tout en incluant des membres de l’UDI et même Jean-Marc Governatori, qui conduisait le liste de gauche lors des précédentes municipales », a justifié Ciotti lors d’une rencontre avec ses colistiers, comme rapporté par Le Figaro.

Sur le matériel de campagne de Ciotti, aucune mention des partis UDR ou RN n'est visible, tout en mettant en avant le slogan : « Éric Ciotti, le meilleur est à venir ».

La liste n'inclut pas le président du club de football, Jean-Pierre Rivère, à qui Ciotti avait promis le poste de 1er adjoint. Rivère a choisi de se retirer, suite aux accusations de conflit d'intérêts soulevées par l'équipe d'Estrosi. Toutefois, il reste à la tête du comité de soutien à Ciotti.

Par ailleurs, Ciotti a dû saisir la justice pour valider sa liste après que le préfet des Alpes-Maritimes ait refusé son enregistrement, invoquant un possible conflit d'intérêts en lien avec l'ancien président des patrons locaux, bien placé sur la liste. Le tribunal administratif a finalement décidé que le préfet avait agi au-delà de ses prérogatives.

En face, le camp Estrosi, qui cherche à dissocier son image du RN, considère Ciotti comme un « candidat de l'extrême droite », tout en espérant que cela ne dissuadera pas les électeurs de gauche, qui pourraient jouer un rôle clé au second tour avec des listes divisées.

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