Alors que la mémoire de Quentin Deranque reste vive, les affrontements entre les groupes d'extrême droite et d'extrême gauche se intensifient à Lyon (Rhône). Cette ville est-elle devenue un foyer de violences liés aux idéologies extrémistes ?
Ce texte est une adaptation d'un reportage. Visionnez la vidéo complète pour plus de détails.
Des confrontations entre groupes identitaires et antifascistes sont régulièrement rapportées dans les rues de Lyon, souvent ignorées par les médias. Le député de La France Insoumise, Éric Coquerel, a déclaré le 14 février dernier sur Franceinfo : “Je demande qu'on examine la situation à Lyon qui est préoccupante depuis des années avec des ratonnades et des actions de l’extrême droite souvent sous-estimées.”
Il est indéniable que Lyon accueille un grand nombre de groupuscules d'extrême droite, estimés entre 400 et 500, regroupant diverses tendances qui se rapprochent de plus en plus. “Ils choisissent désormais de coopérer, mettant de côté leurs divergences idéologiques, car ce qui les unit semble plus fort que leurs différences,” affirme Alain Chevarin, expert en la matière et auteur de "Lyon et ses extrêmes droites".
Selon le média Rue 89, ces groupes d'extrême droite auraient été impliqués dans un total de 102 attaques, agressions et actes de haine depuis 2010. En réponse à cette montée de violence, plusieurs organisations identitaires ont été dissoutes par l'État, telles que Génération Identitaire et Lyon Populaire.
L'émergence des mouvements antifascistes
Parallèlement, les mouvements antifascistes connaissent également un essor à Lyon. Un exemple en est la Jeune Garde, condamnée le 10 août 2025 pour des actes de violence, et soupçonnée d'être impliquée dans la mort de Quentin Deranque. “La Jeune Garde se revendique d’un antifascisme défensif, consistant à occuper la rue et à utiliser la violence si nécessaire. Cependant, cette approche théorique s'avère souvent inefficace,” analyse Jean-Yves Camus, politologue et co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques.
Avec ces groupuscules d’extrême droite solidement enracinés et des factions militantes de gauche présentes dans la ville, la tension est palpable et mène fréquemment à des affrontements violents.
Sources :
Le Monde - Dans le Vieux-Lyon, la présence oppressante de l’ultradroite (lien payant)
Le Monde - La dissolution de Génération identitaire confirmée par le Conseil d’Etat (lien payant)
Experts :
Jean-Yves Camus, politologue, co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques
Alain Chevarin, auteur de "Lyon et ses extrêmes droites"
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