Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a révélé jeudi qu'une proposition de loi visant à combattre l'antisémitisme, un sujet qui alimente déjà de vives discussions, sera examinée en avril par le Parlement. "Nous inscrirons à l'ordre du jour des travaux parlementaires la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan dès ce mois d'avril", a-t-il déclaré lors du 40e dîner du Crif à Paris.
Ce projet de loi élargira le cadre des délits touchant à l'apologie du terrorisme tout en jetant les bases d'un nouveau délit contre la négation d'un État. Ces mesures, cependant, sont controversées. Certaines voix s'élèvent contre ce qu'elles perçoivent comme un amalgame entre le peuple juif et l'État d'Israël, en crainte que des critiques de la politique israélienne soient stigmatisées. Lecornu a insisté sur le fait que l'appel à la destruction d'Israël constitue une menace vitale pour un peuple, et a jugé inacceptable toute forme de déni à cet égard.
Une législation cruciale
Parallèlement, il a affirmé que soutenir Israël ne signifie pas seulement appuyer son gouvernement, mais bien reconnaître l'existence de l'État et le droit des Juifs à disposer de leur propre destin. Lecornu a noté que les actions du gouvernement israélien en Cisjordanie pourraient contrevenir aux normes internationales. Il a également critiqué la représentante spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, pour ses déclarations jugées inappropriées en compagnie de représentants du Hamas et de l'Iran, affirmant que cela porte atteinte à la crédibilité de la parole internationale.
Le Premier ministre a également soutenu la proposition d'Emmanuel Macron d'introduire une peine d'inéligibilité pour les discours antisémites, suggérant que cela devrait être inscrit dans la loi. Cette initiative a reçu des échos positifs, notamment de la part de Yonathan Arfi, le président du Crif, qui a salué l'engagement du chef de l'État lors d'une cérémonie commémorative pour Ilan Halimi, victime d'une haine insoutenable en 2006.
Loin d'être un simple législatif, ce projet de loi semble destiné à répondre à une montée inquiétante de l'antisémitisme dans le pays, avec 1 320 actes recensés en 2025, selon des rapports. Sébastien Lecornu a conclu en affirmant que l'antisémitisme est un signal d'alarme, préfigurant d'autres formes de haine à venir.







