Pour l’ingénieur Pierre Calame, la clé d'une année 2026 prometteuse réside dans la mobilisation des intelligences et des expériences de tous les âges et de toutes les couches de la société. Il propose d'organiser des états généraux de la société française en deux phases : d’abord à l’échelle locale, puis au niveau national.
L’expression « année utile », utilisée par Emmanuel Macron lors de ses vœux à la nation, soulève des interrogations. S'agit-il d'un simple slogan ou d'une réelle intention de réforme ? D’autant plus que le budget a été adopté dans des conditions discutables, laissant planer un doute sur la capacité de la France à redresser ses finances publiques.
Les acteurs politiques, en particulier les candidats à la Présidence, montrent des signes d'impuissance face aux défis contemporains. Leur capacité à mobiliser les talents nécessaires pour construire les réformes attendues semble compromise, étant donné que leurs bases militantes ne reflètent plus la diversité nécessaire des idées et des expériences.
Après un débat budgétaire de 350 heures, les députés n’ont même pas abordé le volet « dépenses » de la loi de finances, illustrant le décalage entre les préoccupations des citoyens et les décisions politiques. La question cruciale reste : comment optimiser l'usage de l'argent public ? Or, le silence persiste sur cet aspect.
Des états généraux de la société française
Pour faire de 2026 une année utile, Calame insiste sur la nécessité de « mettre la société au travail », en adoptant une approche transpartisane qui incorpore toutes les voix. La démocratie délibérative pourrait permettre aux citoyens d’accéder à des informations complètes sur les politiques à débattre, intégrant les différentes expériences territoriales et les évaluations des politiques actuelles.
Cette initiative impliquerait des échanges humains autour de réalités vécues dans les territoires, positionnés comme acteurs essentiels d'un dialogue constructif. En effet, de nombreuses politiques nationales nécessitent une approche plus intégrée, qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé ou de la transition écologique, demandant une nouvelle relation entre l’État et les collectivités locales.
Pour que cela devienne une réalité, il faut mobiliser une cinquantaine de territoires prêts à s'engager dans cette démarche. Qui relèvera le défi ?
(*) Pierre Calame, ingénieur des Ponts et Chaussées, ancien haut fonctionnaire, promoteur des États généraux.







