Ce jeudi 16 avril, France Télévisions a révélé des statistiques préoccupantes concernant les retards de paiement qui affectent dramatiquement les entreprises. Près d'une sur deux rencontre de graves difficultés de trésorerie dues à des délais de paiement trop longs. Les coupables ? L'État et les collectivités locales, qui traînent à régler les factures, mettant en péril la pérennité de nombreuses PME. C'est l'objet d'une enquête diffusée dans le journal télévisé de 20 heures.
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Chaque jour constitue un véritable défi pour ces entreprises en attente de fond. En Alsace, Éric Lenoir, président du groupe L'Alliance, en témoigne. Spécialisé dans la fabrication de mobilier urbain, il déclare : "Nous expédions nos produits dans plusieurs villes, mais malheureusement, les délais de paiement sont un véritable casse-tête". Selon lui, travailler avec des collectivités comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, notamment des restrictions sur les paiements.
Les retards sont conséquents : "Au 1er avril, nous avions accumulé 280 000 euros d'impayés, deux factures échues qui n'avaient toujours pas été réglées", précise Éric. À cela s'ajoute une moyenne de 100 jours pour le règlement par certains de ses clients. "Cette situation ne peut perdurer, car cela compromet nos investissements, et donc le recrutement", se désole-t-il.
Les salariés, eux aussi, s'interrogent : "C'est inacceptable. Si les produits sont livrés, le paiement doit suivre", clame l'un d'eux. "Si l'État et les collectivités ne sont pas fiables, alors qui peut l'être ?", questionne un autre employé, décontenancé par la situation. Les données révèlent qu'en moyenne, les collectivités affichent un retard de 14 jours, tandis que les hôpitaux et certains services publics atteignent jusqu'à 25 jours.
Des grands groupes touchés également
Les petites entreprises ne sont pas les seules concernées. Nous avons interviewé le CEO d'un grand groupe à plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires, qui a choisi de rester anonyme par prudence. Pour ce dernier, engager des poursuites judiciaires contre les mauvais payeurs est impensable : "Actuellement, 70 % de notre chiffre d'affaires provient de clients publics", sous-entendant que ces litiges pourraient nuire à des relations essentielles. Il affirme : "Cela pourrait mener à des tensions qui, à long terme, ont des conséquences désastreuses pour l’emploi".
Dans les Hauts-de-France, la Fédération des Travaux Publics a pris des mesures proactives en publiant un palmarès des mauvais payeurs, comprenant des villes comme Calais. En réponse, la maire Natacha Bouchart évoque des retards de financement de l'État : "Nous avons aussi fait face à des retards dans les subventions qui étaient censées nous arriver", souligne-t-elle, mettant en lumière un cercle vicieux très préoccupant.
Les retards de paiement des administrations publiques s'élevaient à cinq milliards d'euros en 2024, un signe alarmant pour l'économie.
Sources :
Cette étude est réalisée à partir d'un panel en ligne de 400 répondants du 24 au 26 mars 2026. Les résultats s'appuient sur un échantillon représentatif des dirigeants d'entreprises françaises du secteur privé. Les données sont pondérées et les pourcentages peuvent ne pas totaliser 100 % à cause des arrondis.
Liste non exhaustive.







