Le Palestine Hicham Harb, suspect principal de l'attentat antisémite survenu à la rue des Rosiers à Paris en 1982, a été remis aux autorités françaises jeudi soir, après son extradition par l'Autorité palestinienne. Cette action a été saluée par le président Emmanuel Macron.
Harb a été arrêté le 17 septembre 2025, peu avant la reconnaissance officielle de la Palestine par la France. À son arrivée à la base aérienne de Villacoublay, il a été placé en rétention, comme l’a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat).
Le mandat d'arrêt dont il fait l'objet depuis 2015 sera officiellement notifié ce vendredi, selon le Pnat.
Son extradition se produit environ deux mois après que la Cour de cassation a validé la tenue d’un procès pour les responsables de cet attentat qui a coûté la vie à six personnes dans le Marais, un quartier historique juif de Paris.
Romain Boulet, avocat de deux parties civiles, a exprimé : "Mes clientes se réjouissent de cette extradition, une étape vers un procès qui réunira les principaux accusés." En outre, le président palestinien Mahmoud Abbas avait promis cette extradition, soulignant que la récente reconnaissance de la Palestine par la France avait permis d'établir un cadre approprié pour cette demande.
L’Élysée a remercié les autorités palestiniennes pour leur coopération, affirmant que leur engagement dans la lutte contre le terrorisme est crucial. Cependant, le Quai d'Orsay a noté que la guerre au Proche-Orient a temporairement entravé l'opération.
L'attentat du 9 août 1982 a été marqué par l'explosion d'une grenade au restaurant Jo Goldenberg, suivie d'une fusillade. Attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, cet acte violent avait fait six morts et 22 blessés.
La Cour de cassation a confirmé que le procès des suspects de cet attentat aura lieu, malgré les contestations de certains d'entre eux, dont Abou Zayed et Hazza Taha, qui attendent leur sort en France.
L'avocat d'Abou Zayed, Me Romain Ruiz, a déclaré espérer que l'extradition de Harb entraînera la libération de son client, tout en réaffirmant sa conviction qu'il n'a pas participé à l'attentat.
De son côté, Me David Père, représentant les familles des victimes, a insisté sur la nécessité que la procédure judiciaire avance rapidement, condamnant le retard qui persiste depuis quarante-quatre ans.
Les familles des victimes redoutent que l'extradition de Harb prolonge les délais du procès, alors qu'Hicham Harb, âgé de 72 ans, est en mauvaise santé et vit des moments difficiles. Son fils, Bilal al-Adra, a exprimé sa crainte pour son père, en raison de son état de santé préoccupant.
En plus des accusations en France, Harb fait face à un mandat d'arrêt allemand lié à un attentat à l'aéroport de Francfort et est également surveillé par des enquêteurs italiens en lien avec une attaque sur une synagogue à Rome.
Alors que deux autres suspects jordaniens restent en attente d'extradition, la France continue de faire pression pour que justice soit faite pour les victimes de l'attentat de la rue des Rosiers.







