Le 12 février, l'association Juristes pour le droit international (Jurdi) a adressé un signalement à la procureure de la République de Paris, dénonçant le flot de désinformations ciblant Francesca Albanese. Selon le collectif, plusieurs députés macronistes ainsi que le ministre des Affaires étrangères seraient coupables de « délit de diffusion de fausse nouvelle ».
Malgré les affirmations du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le collectif Jurdi cherche à rétablir les faits. Comme le souligne l'organisation, « Il est clair qu'Israël n'est à aucun moment présenté comme un ennemi commun de l'humanité » dans l'intervention de Francesca Albanese du 7 février, lors d'une discussion sur Al Jazeera.
Dans leur signalement, Jurdi note que « simplement visionner l'interview » révèle que Francesca Albanese n'a jamais utilisé la phrase tronquée qui circule sur les réseaux sociaux, à savoir « Israël est l’ennemi commun de l’humanité ». L'analyse qu'elle évoque porte plutôt sur les violations graves du droit international par Israël.
« Déchue de tout mandat onusien avec effet immédiat »
Précisons qu'une cinquantaine de députés macronistes, dont Caroline Yadan, Élisabeth Borne et d'autres, ont exigé dans une lettre à Jean-Noël Barrot que la rapporteuse spéciale de l’ONU soit « déchue de tout mandat onusien avec effet immédiat ». Cette demande a été réitérée à l’Assemblée nationale le lendemain, lors d’un échange au gouvernement.
Jean-Noël Barrot a alors déclaré que « la France condamne sans réserve les propos outranciers de Mme Francesca Albanese », tandis que le Quai d'Orsay exige sa démission.
Patrick Zahnd, président de Jurdi, rappelle que la demande des députés a été lancée après que plusieurs comptes sur le réseau social X ont relayé la fausse nouvelle à partir du 8 février. « Ces comptes, tels que ceux de Caroline Yadan et Shannon Seban, ont persisté dans leurs affirmations fallacieuses, même après la rediffusion intégrale de la déclaration de Francesca Albanese ».
Les députés sont explicitement mentionnés dans le signalement pour avoir persisté dans des accusations que Jurdi qualifie de « délits de diffusion de fausse nouvelle », en vertu de l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoit des amendes pouvant atteindre 45 000 euros.
Caroline Yadan a persisté à accuser Francesca Albanese de « multiplier des positions marquées par une rhétorique radicale et des comparaisons inappropriées », considérant que ces prises de position nuisent à l'impartialité exigée de son mandat.
Patrick Zahnd conclut en soulignant les dangers que représente une telle pratique pour le débat public. « C'est impératif que vous agissiez suite à ce signalement », insiste-t-il.
Ce contexte met en lumière une tentative de discrediter les critiques, qui sont pourtant souvent soutenues par des mouvements internationaux, destinées à dénoncer le génocide du peuple palestinien par Israël.







