Le climat socio-politique en France est à la réflexion sur la protection des mineurs. Le jeudi 16 juillet, l'Assemblée nationale a approuvé un amendement historique prévoyant que les crimes commis sur des mineurs soient désormais imprescriptibles. Cette initiative, portée par le député écologiste Arnaud Bonnet avec 93 voix pour et 51 contre, fait partie d'un projet de loi visant à renforcer la protection des enfants.
Les discussions engendrées par cette mesure mettent en lumière une réalité alarmante : chaque année, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles en France. La députée Perrine Goulet, présidente de la délégation aux droits des enfants, a souligné que « quand on sait qu’environ 10% de la population a été victime d'inceste, cela apparaît comme un crime contre l'humanité ».
Actuellement, le délai de prescription pour les victimes de viols sur mineurs s'étend jusqu'à 48 ans, à partir des 18 ans de la victime. De nombreuses organisations de protection de l'enfance estiment que ce délai est largement insuffisant. Certaines victimes, en effet, ne parviennent pas à se souvenir des faits ou n'ont pas la possibilité de les dénoncer dans ce laps de temps.
La nécessité d'une telle loi est indéniable, cependant des voix s'élèvent contre sa constitutionnalité. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a exprimé ses doutes en affirmant qu'il « n'est pas certain que le Conseil constitutionnel valide cette possibilité », mettant en garde contre des promesses politiques sans fondement judiciaire.
Des oppositions variées
Des députés, principalement ceux de La France insoumise, se sont opposés à l'amendement, soutenant qu'un changement aussi significatif aurait dû être diffusé par le gouvernement avec de plus larges débats et des auditions d'experts. La co-rapporteure LFI, Marianne Maximi, a critiqué le processus et la précipitation du vote.
Pour sa part, Sophie Blanc du Rassemblement National a déclaré que l'imprescriptibilité n'était pas « la bonne réponse ». En élargissant ce concept à d'autres infractions, cela pourrait selon elle altérer l'équilibre du droit pénal, généralement réservé aux crimes particulièrement graves.
Des conséquences à prévoir
Cette discussion se déroule dans un contexte de colère publique suite à des affaires récentes, notamment celle de Lyhanna. Ce cas a révélé de graves défaillances dans le système judiciaire. Ainsi, il ne fait nul doute que la mesure pourrait avoir des implications profondes sur la manière dont ces crimes sont traités à l'avenir.
En somme, alors que le gouvernement espère voir ce projet de loi adopté et entièrement examiné au Sénat d'ici la rentrée, la question de sa constitutionnalité et des implications pratiques reste en suspens, laissant présager des débats nourris dans les mois à venir.







