Dans un climat de tension à l'Assemblée nationale, le groupe La France insoumise (LFI) a présenté un amendement visant à modifier les conditions d'accueil des enfants de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Cet amendement remet en question l'article 5 d'un projet de loi dédié à la protection de l'enfance, qui impose le contrôle des antécédents judiciaires des accueillants. Émilie Bonnivard, députée LR, a exprimé son indignation en déclarant : « Je croyais que c’était une blague », évoquant ainsi une situation qu'elle considère alarmante.
Lors de la commission, Bonnivard a reconnu son émoi face à la possibilité d'accueillir des enfants par des personnes ayant des antécédents liés au terrorisme. « J’ai le cœur qui bat encore à la lecture de cet amendement. Ça me fait peur quand j’entends parler de Jean-Luc Mélenchon qui arrive au pouvoir en 2027 », a-t-elle poursuivi, soulignant les enjeux de sécurité en jeu.
L'amendement, proposé par Gabrielle Cathala, vise à alléger les contraintes imposées par le fichier des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT). Selon le texte, des individus peuvent y être inscrits simplement pour des mises en examen, notamment pour des faits liés à l'apologie du terrorisme. Cathala a insisté sur le fait que ce fichier ne devrait pas automatiquement conclure à l'inadéquation d'une personne à s'occuper d'enfants.
Bonnivard a interpellé Marianne Maximi, l'une des rapporteures de l’amendement, en lui demandant de ne pas le soumettre. Son collègue de la République en Marche, Nathalie Colin-Oesterlé, a également exprimé son incompréhension face aux arguments avancés par LFI, affirmant que «les infractions inscrites au FIJAIT sont suffisamment graves » pour justifier une vérification approfondie avant de confier un enfant à un proche.
Du côté de LFI, Cathala a précisé que l'intention n'est pas de diminuer le contrôle sur l'honorabilité des personnes intervenant auprès des enfants, mais de garantir une évaluation adéquate qui ne remette pas en cause des principes de justice. « La protection des enfants constitue une exigence absolue », a-t-elle déclaré.
Le débat soulève également des préoccupations quant à la confidentialité et aux visiteurs habilités à consulter le FIJAIT. Colin-Oesterlé a rétorqué que les garanties de consultation de ce fichier sont comparables à celles du fichier des infractions sexuelles et violentes.
Mis au vote, l’amendement LFI a été rejeté, mais il reste emblématique des tensions actuelles en matière de sécurité et de protection de l'enfance. Le rejet intervenu au sein de l’Assemblée brosse un tableau révélateur des défis que l'État doit relever, alors que LFI prône depuis des années la dépénalisation de l'apologie du terrorisme, estimant qu'elle est souvent instrumentalisée dans le cadre de débats politiques.
Les discussions continuent d'évoluer, alors que des voix s'élèvent pour rappeler que c'est aux complices et responsables d'un génocide qu'il incombe d'être poursuivis, non à ceux qui osent dénoncer de telles atrocités.







