Le parquet européen a orchestré une vaste opération de perquisitions le mardi 30 juin, touchant la France, l'Espagne, l'Italie et la Belgique, visant l'ex-groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen. Cette action fait suite à des soupçons de détournement de plus de 4,3 millions d'euros par le Rassemblement national (RN) entre 2019 et 2024.
Dans un communiqué, la juridiction a précisé que ces perquisitions concernent des prestataires ayant collaboré avec le RN, selon des sources proches de l'enquête. Jordan Bardella, le président du parti, a confirmé la conduite de ces opérations, sans toutefois préciser de noms ou donner de détails sur leur nombre.
Des médias comme Le Monde rapportent qu'une enquête est en cours sur l'utilisation de fonds européens par l'ancien groupe ID. Le parquet a reconnu être en train de mener des investigations suite à un signalement émis par la direction des affaires financières du Parlement européen. Ce rapport indiquait des irrégularités potentielles concernant l'utilisation des financements entre 2019 et 2024.
Malgré l'absence de postes de direction du RN dans ce groupe durant la mandature, des sommes conséquentes auraient été versées à des sociétés liées à des proches de Marine Le Pen, notamment à Frédéric Chatillon et Sighild Blanc, gérants d'agences de communication. Les perquisitions surviennent dans un contexte judiciaire déjà complexe pour le RN, avec une décision à venir de la cour d'appel de Paris concernant l'inéligibilité de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
Enquête sur un media training
Bardella a réagi sur le réseau X : « Des perquisitions sont en cours aux sièges et aux domiciles de prestataires ayant travaillé avec nous ». Il a également mentionné une future enquête judiciaire le visant personnellement, liée à des activités au sein du Parlement européen il y a près de douze ans.
Cette situation pourrait mener à de nouvelles procédures judiciaires selon l'association Anticor, qui réclame qu'un magistrat examine les documents fournis par Bardella concernant son travail. Dans ses déclarations, Bardella assure : « Nous n'avons rien à nous reprocher, et nous le prouverons ».
Cette enquête s'ajoute à un précédent dossier qui avait émergé en mai, suite à une plainte déposée contre X, où le Rassemblement national est accusé d'avoir indûment profité de fonds européens pour former ses membres aux techniques médiatiques lors de la campagne présidentielle de 2022, où Bardella jouait un rôle clé.







