La municipalité de Vierzon, dirigée par une coalition d'extrême droite, a pris la décision de ne pas organiser la cérémonie du 10 mai, consacrée à la commémoration de l'abolition de l'esclavage. Les autorités justifient cette annulation en raison de contraintes budgétaires et d'un prétendu désintérêt des citoyens.
Selon des déclarations rapportées par Sud Ouest, Yves Husté, maire-adjoint et délégué aux anciens combattants, a expliqué que « personne ne venait » à cette cérémonie. Il a ajouté que l’événement n’apporte pas de lien avec le présent, rendant ainsi la commémoration moins pertinente pour les habitants de la ville.
L’élu a également évoqué l’état critique des finances de la ville de 25 000 habitants, avec une dette de 32 millions d’euros et des factures impayées s'élevant à 2,5 millions d'euros. Le coût de la cérémonie, estimé à 1 500 euros, a été jugé trop élevé dans ce contexte budgétaire tendu.
Une réaction locale notable
En réponse à cette annulation, l’ancien maire de Vierzon, Nicolas Sansu, aujourd’hui député du PCF, a organisé une cérémonie alternative, incluant un dépôt de fleurs et des allocutions. Il a critiqué les décisions de la nouvelle municipalité sur les réseaux sociaux, évoquant le devoir de préserver la mémoire historique face aux « oublis opportuns » des responsables actuels.
« Devant ces tentatives d'érosion de notre histoire et de notre république, il est impératif pour les progressistes de se mobiliser », a souligné Sansu dans un message sur Facebook.
La décision de la mairie a suscité un débat plus large sur l'importance de la mémoire collective en France, notamment dans des villes historiquement marquées par des luttes pour l’égalité et la justice.
En mars de cette année, une liste d'extrême droite a remporté les élections municipales à Vierzon, une ville historiquement à gauche. Cette victoire marque un tournant pour la région, qui était communiste depuis 2008. La candidature de Yannick Le Roux, policier et leader de la liste, a suscité des interrogations sur l'avenir politique et social de la commune.







