Un tournant dans la sécurité des transports en commun en France. Ce dimanche, un arrêté publié au Journal officiel annonce le déploiement de pistolets à impulsions électriques, communément appelés Tasers, pour 300 à 400 agents de la SNCF et de la RATP, comme le rapporte L’Humanité. Cette expérimentation, qui s’étendra sur trois ans, touchera plusieurs grandes gares, notamment Lyon Part Dieu, Marseille Saint-Charles, et les gares parisiennes d’Austerlitz et Saint-Lazare.
Le programme concerne environ 10 % des agents de la police ferroviaire, avec une attention particulière sur les services nocturnes. Toutefois, des exceptions sont faites dans des zones sensibles comme Bobigny et Saint-Denis Pleyel, où les agents pourront porter des Tasers durant la journée. L'utilisation de ces armes est rigoureusement encadrée, excluant leur emploi contre des groupes vulnérables tels que les enfants ou les femmes enceintes, ainsi que dans des situations risquant d'impacter la sécurité publique, comme contre des conducteurs de véhicules en mouvement.
Les 3 000 agents de la SNCF et 1 000 agents de la RATP, préalablement assermentés et déjà formés à l’utilisation d’armes létales, recevront une formation spécifique pour le port des Tasers. Cette formation comprendra au moins dix-huit heures d'instructions théoriques et pratiques, avec un accent sur la sécurité de leurs interventions. À la fin de cette période d’expérimentation, un rapport viendra évaluer l'efficacité de cette mesure sur les conditions de sécurité, tant pour les agents que pour les usagers des transports en commun, comme l'indique le ministre des Transports lors d'une récente déclaration.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large où le renforcement de la sécurité dans les transports publics s'amplifie. Selon des experts en sécurité, des dispositifs comme les Tasers pourraient offrir aux agents des moyens non létaux mais efficaces pour gérer des situations potentiellement dangereuses sans recourir à la violence extrême. Pourtant, des critiques s'élèvent face à cette militarisation croissante des agents de sécurité, qui soulignent les dangers d'une telle évolution.







