L'essentiel
Le site de tchat Chatiw est aujourd'hui sous le radar de la justice française pour son manque de contrôle d'âge et la diffusion de messages sexuels. Cette alerte a été lancée par la haut-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, qui s'inquiète des implications pour la sécurité des enfants.
Dans une déclaration au Monde, Sarah El Haïry a révélé avoir saisi la justice contre Chatiw, un site qui permet à des utilisateurs de se connecter sans avoir à créer de compte. Ce fonctionnement pose un problème majeur, car il autorise les mineurs à entrer en contact avec des adultes inconnus et potentiellement malveillants.
Messages à caractère sexuel dès l'arrivée sur le site
Le fait que Chatiw n'exige aucune vérification d'âge inquiète de nombreux experts. Selon des données de Similarweb, le site reçoit près de 370 000 visites mensuelles sur sa version française. En effet, des alertes ont fait état de messages sexuels envoyés aux utilisateurs dès leur connexion, ce qui a poussé la haut-commissaire à intervenir rapidement.
La réaction de Sarah El Haïry a été proactive, avec une saisie de Pharos, la plateforme gouvernementale pour signaler des contenus illicites, dès le 28 avril, suivie par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) et le parquet de Paris le 1er mai.
Plusieurs sites signalés à la justice
Le cas de Chatiw n'est pas isolé. Ce signalement survient peu après l'ouverture d'une enquête sur le site Cocoland, récemment fermé par la justice pour son implication dans des affaires criminelles. Les alertes se multiplient autour de divers forums et plateformes comme "La Garçonière", "Motherless" et "Chaat.net". Ces sites sont régulièrement surveillés pour évaluer leur conformité en matière de protection des mineurs.
Sarah El Haïry a souligné l'importance d'une supervision rigoureuse, affirmant : "Si nous remarquons un manque de vérification d'âge ou des comportements inappropriés, j'interviens systématiquement auprès de Pharos et de l'Arcom".
Faciliter la détection de sites malveillants
La haut-commissaire a ajouté que la récente loi imposant une restriction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans représente un premier pas, mais elle appelle à une réflexion plus large sur la responsabilité des professionnels du digital. Elle a proposé d'instaurer des critères clairs permettant aux parents d'évaluer les risques associés à chaque service utilisé par leurs enfants.
Ces efforts visent à protéger les jeunes internautes d'une exposition à des contenus inappropriés et à rendre la navigation en ligne plus sécurisée.







