Ce samedi 18 avril, environ 400 manifestants ont défilé dans le centre-ville de Dijon pour exprimer leur opposition à l'inauguration d'un centre de rétention administrative à Longvic, sur l'ancienne base aérienne 102. Selon les autorités, ce centre devrait ouvrir ses portes à l'automne 2027, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits des migrants.
Avec des pancartes, des banderoles et des drapeaux clamant "NON AU CRA !", les participants ont mis en lumière les risques d'enfermement pour les personnes en situation irrégulière sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français.
Le collectif Anti-CRA Dijon, à l'initiative de cette manifestation, a utilisé diverses approches pour attirer l'attention des passants. Un moment fort du rassemblement a été une performance musicale de la chorale féministe Echourages, qui a interprété des chants critiquant les politiques migratoires mises en œuvre par le gouvernement, et même par l'Union européenne. Les membres du collectif ont déclaré : "C'est un chant pour parler des politiques migratoires mises en place par le gouvernement et même par l'Europe entière".
Par la suite, la manifestation s'est déplacée vers la place de la Libération, où une pièce de théâtre a été jouée. Des membres du collectif ont mi des masques en papier mâché représentant des figures politiques de premier plan, tels que Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, et Gérald Darmanin, garde des Sceaux, pour souligner ce qu'ils considèrent comme l'inefficacité et l'hypocrisie de leurs discours sur les droits des migrants. "Les politiques locaux ont aussi leur rôle à jouer", a déclaré Edith, membre d'Anti-CRA Dijon, faisant référence à la maire de Dijon, Nathalie Koenders, qui n’a pas encore explicitement dénoncé le projet.
"À quand la chasse aux migrants dans la rue ?"
Actuellement, la France compte 26 centres de rétention administrative. Pierre, un des manifestants, a exprimé son désespoir : "Pourquoi enfermer des gens qui ont fui des situations tragiques à cause du capitalisme ?" Dans la foule, Raphaël a tenu à corriger les stéréotypes liés aux migrants : "Une minorité peut causer des problèmes, mais la majorité des migrants sont simplement des gens qui cherchent à travailler".
Les participants s'accordent également à dire que les conditions de vie dans ces CRA sont souvent inhumaines. Pour étoffer leurs revendications, des collectifs anti-CRA de Lyon, Paris et Poitiers, ainsi que des associations comme la Ligue des droits de l'homme et la Cimade, ont apporté leur soutien au rassemblement. La députée de la Côte-d'Or, Catherine Hervieu, a également été aperçue dans le cortège, marquant une solidarité politique avec les manifestants.
Ce rassemblement à Dijon s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation à l'égard des politiques migratoires jugées restrictives et inhumaines, et pourrait influencer les débats publics à venir sur la question des droits des migrants en France.







