Au tribunal judiciaire de Nanterre,
Ce mardi, la salle d’audience a été le théâtre d’un véritable one-man-show pour Patrick Balkany, tandis que son ancien collègue, Nicolas Sarkozy, était entendu dans le cadre de son procès lié au financement libyen. L’ancien maire de Levallois-Perret a été convoqué par le tribunal pour répondre à deux affaires de détournement de fonds publics.
Les accusations portent notamment sur des subventions publiques allouées à une association, supposément transparente, qui ont été utilisées pour rémunérer un ancien employé de la mairie après son départ. Lors de son audition, Balkany n’a pas manqué de faire preuve d’agitation, s’interrogeant sur sa présence au tribunal. "Je ne fais pas partie de l’association, et je ne comprends pas ce que je fais ici", a-t-il déclaré, sous l'œil perplexe de la présidente du tribunal, Céline Ballerini.
Un enquêteur décédé, des doutes persistants
Le coeur de l'affaire repose sur Renaud Guillot-Corail, ancien directeur général de l’association, qui, décédé en 2020, n’a jamais pu être entendu par les enquêteurs. Les montants des subventions, de 65 000 à 150 000 euros entre 2012 et 2014, soulèvent néanmoins des questions sur leur utilisation. La présidente Ballerini a souligné que ces augmentations correspondent quasiment à la rémunération de l’employé décédé. Cependant, Balkany maintient que l’association œuvrait exclusivement pour la ville.
Face à cette situation, l’avocat de Balkany, Me Robin Binsard, a demandé l’annulation des enquêtes, les qualifiant de "mascarade judiciaire". "On ne peut rien prouver, c'est invraisemblable", a rétorqué Balkany, soulignant l’absence de preuves tangibles et insistant sur le fait qu'il pourrait dire tout ce qu'il veut, puisque les parties prenantes sont décédées.
Comportement provocateur et tensions grandissantes
Le procès s’est poursuivi avec des interruptions fréquentes de Balkany, ce qui a conduit la présidente à le reprendre fermement : "Il faudrait que vous m’écoutiez, monsieur Balkany !" Les excès d’éloquence de l’ancien maire, déjà condamné pour des affaires de blanchiment et de fraude fiscale, ont non seulement irrité la présidente, mais ont aussi suscité une atmosphère tendue dans l’audience.
En effet, prenant de l'élan, Balkany n'a pas hésité à faire remarquer qu’il "n’est pas loin de mourir" et que le procès aurait pu être évité. Avec des déclarations à la fois théâtrales et provocantes, il a tenté de rediriger la responsabilité de la gestion des fonds. "Si les chiottes sont bouchées, vous n’appelez pas le maire !", s’est-il exclamé, se montrant peu enclin à reconnaître la gravité des accusations qui pèsent contre lui.
Le procès s’annonce prometteur en rebondissements. La présidente a vivement conseillé à Balkany de gérer son énergie sur l'ensemble des quatre jours consacrés à l'affaire. La date limite pour le jugement est fixée au vendredi 10 avril.







