Le député de La France Insoumise (LFI) Louis Boyard, présent lors de la marche contre le racisme à Saint-Denis, a partagé sa vision de la "Nouvelle France". Évoquant l'engagement du nouveau maire, Bally Bagayoko, Boyard a souligné l'importance de ce moment historique.
Antoine Comte : Bonjour, Louis Boyard. Votre participation à ce rassemblement contre le racisme était symbolique. Que signifie concrètement cette "Nouvelle France" ? À quoi s'oppose-t-elle ?
Louis Boyard : Je veux d'abord exprimer ma gratitude envers la Seine-Saint-Denis pour avoir organisé un tel événement marquant. Des milliers de personnes, victimes de racisme, se sont unies pour dire stop à l'exploitation et au mépris. Ce combat est mené sans attendre l'autorité gouvernementale, qui semble parfois inexistante dans de telles luttes.
Bien que le gouvernement ait condamné les événements liés à Bally Bagayoko, pourquoi ne manifeste-t-il pas pour le racisme ? Les élus présents, arborant leur écharpe tricolore, affirmaient qu'ils ne les attendaient pas pour agir. Cette admission est révélatrice du problème : certains responsables politiques contribuent eux-mêmes à la propagation du racisme.
La "Nouvelle France", à mes yeux, incarne une transformation sociale profonde. Par exemple, la question de l'égalité entre les sexes a énormément évolué : aujourd'hui, 65 % des étudiants en médecine sont des femmes, un changement historique.
De même, les descendants d'immigrés prennent de plus en plus de responsabilités dans notre société, tant sur le plan culturel, économique que politique. Le visage de la France a changé, et les enjeux contemporains, comme le dérèglement climatique et la numérisation, exigent que nous repensions notre paysage social.
Antoine Comte : À quelle vision antérieure cette "Nouvelle France" s'oppose-t-elle exactement ?
Louis Boyard : Cette question est cruciale. La "Nouvelle France" se débat avec une France figée dans le passé, celle d'il y a 60 ans. À l'époque, nous n'avions pas accès à Internet et les luttes pour l'égalité des sexes ou l'intégration des différentes générations d'immigrés n'étaient pas aussi visibles. Historiquement, il y avait une volonté de marginaliser ces groupes. Or, leurs descendants sont aujourd'hui chefs d'entreprise, techniciens et même élus locaux.
En somme, la "Nouvelle France" incarne une réalité sociale dont nous sommes fiers. C'est un reflet de notre capacité à évoluer.
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