À l'approche des élections législatives en Hongrie, prévues pour le 12 avril, l'attention se tourne vers le nationaliste Viktor Orbán, qui brigue un cinquième mandat consécutif, mais se trouve loin d'être le favori.
Les derniers sondages indiquent une victoire potentielle du parti Tisza, dirigé par le conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a rapidement gagné du terrain en moins de deux ans et pourrait ébranler la domination d'Orbán. Ce dernier est souvent perçu comme un proche des dirigeants Donald Trump et Vladimir Poutine, renforçant l'image d'un pays de 9,5 millions d'habitants qui a adopté la démocratie illibérale.
Selon des analyses de l'Institut de recherche en politique économique, les sondages indépendants montrent Tisza en forte ascension, tandis que les dispositifs pro-gouvernementaux soutiennent le Fidesz-KDNP comme vainqueur en dépit des doutes croissants de la population.
Une influence internationale au cœur des débats
Les analystes prévoient une participation électorale qui pourrait atteindre 75 à 80 %. La campagne a été jalonnée d'accusations entre les deux camps, exacerbées par des allégations de tentatives de discrédit contre Tisza. Des fuites de conversations ont révélé des liens entre le ministre hongrois des Affaires étrangères et le Kremlin, tandis qu'Orbán avertit que Magyar pourrait plonger la Hongrie dans le conflit ukrainien. Des accusations d'ingérence russe et de corruption au sein de Fidesz émergent également.
Jacques Rupnik, expert à Sciences Po, souligne l'importance de la politique d'Orbán sur la scène européenne, qui est à la fois un modèle pour les mouvements d'extrême droite et un sujet de méfiance pour l'Union européenne. Il propose de se présenter comme le "choix sûr" dans un monde tumultueux, mais l'État de l'économie hongroise et une corruption croissante pourraient éroder cette image.
Huées pour Orban, Magyar privé de télé
Zsuzsanna Szelenyi, politologue, note qu'une « barrière sociale et psychologique » semble s'être brisée. Les huées à l'encontre d'Orbán témoignent d'un changement de perception. De son côté, Peter Magyar a su s'imposer sur les réseaux sociaux et à travers un emploi du temps chargé fait de multiples réunions publiques.
Magyar, ancien membre du Fidesz, revendique un "changement de système", visant à éradiquer la corruption et à restaurer la démocratie hongroise, tout en réaffirmant l'engagement de la Hongrie envers l'Union européenne.
Des élections sous surveillance
Les électeurs auront le choix entre cinq partis, un chiffre historiquement bas depuis 1990, conséquence d'alliances stratégiques pour favoriser Tisza. Les critiques d'Orbán soulignent qu'il a manipulé les lois électorales et utilisé les ressources étatiques pour assurer son succès. Un documentaire récent évoque des pressions sur les électeurs vulnérables pour obtenir leur soutien.
De plus, des ONG alertent sur un potentiel détournement des voix par correspondance, notamment pour les Hongrois vivant à l'étranger, qui sont souvent récupérées par des partis en lien avec Fidesz. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a dépêché des observateurs, bien que des critiques se soient élevées concernant la nomination de l'ancienne interprète de Poutine à la coordination.







