L'armée israélienne a mené une offensive majeure au cœur de Beyrouth, faisant 12 victimes, parmi lesquelles un responsable de la chaîne télévisée du Hezbollah. Les bombardements ont également ciblé des infrastructures dans le sud du Liban, isolant davantage la formation pro-iranienne.
Depuis le début des hostilités avec le Hezbollah le 2 mars, les autorités signalent un bilan tragique de 968 morts, incluant 116 enfants. Trois quartiers de la capitale, particulièrement densément peuplés, ont été touchés par des frappes nocturnes, d'après des témoignages recueillis par l'AFP.
Une des frappes a coûté la vie à Mohammed Cherri, directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, tué aux côtés de son épouse, tandis que leurs enfants ont été blessés. Cette attaque a suscité une indignation générale, avec le ministre de l'Information, Paul Morcos, qualifiant ces actions de « violation flagrante du droit international ».
Dans le quartier de Bachoura, un immeuble a subi des dommages considérables après une frappe qui a été précédée d'un avertissement. « Il était quatre heures du matin, nous dormions », raconte Sarah Saleh, 29 ans, qui a dû fuir en pyjama vers une école voisine devenue centre d'accueil.
Le Liban revit les horreurs de la guerre alors qu'Israël intensifie ses attaques en réponse aux actions du Hezbollah, qui ont été déclenchées par la mort de son leader, Ali Khamenei. Plus d'un million de personnes’ont été contraintes de quitter leur domicile, représentant plus d'un sixième de la population libanaise.
En mer, à Saïda, une frappe ciblant une voiture a fait deux morts, parmi lesquels un secouriste. Moustapha Khairallah, un réfugié âgé, témoigne : « Je n'avais jamais quitté ma maison, mais les cibles deviennent de plus en plus stratégiques et touchent des civils. J'ai été obligé de partir. »
Israël a annoncé la destruction de deux ponts, prétendant qu'ils étaient utilisés par le Hezbollah pour la contrebande d'armes. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé que ces démarches visaient à couper le Hezbollah des infrastructures libanaises. De plus, des stations-essence accusées de financer le Hezbollah ont également été ciblées.
Les opérations militaires israéliennes continuent de se multiplier, avec des frappes au sud et des rendements de l'armée israélienne dans des zones proches de Khiam, où des combats ont eu lieu ces derniers jours. Le Hezbollah a affirmé avoir repoussé ces incursions.
La situation s'aggrave incessamment, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) exprimant des inquiétudes face à l’« escalade violente » et à l’augmentation des opérations militaires. Une panique s'est emparée de la ville historique de Tyr suite à des consignes d'évacuation, poussant de nombreuses familles vers Saïda, tandis que d'autres choisissent de rester, entassées dans les vieux quartiers.
L'aviation israélienne n'a pas épargné l'est du Liban, avec plusieurs frappes, dont une à Baalbeck, causant la mort de quatre personnes. Ce contexte de violence s'accompagne d'une intensification des tensions et d'une crise humanitaire croissante.







