Le président colombien, Gustavo Petro, a récemment affirmé détenir des preuves d'un bombardement effectué par un avion équatorien, une assertion rapidement rejetée par Quito. Cette déclaration intervient alors que l'Équateur intensifie son offensive contre le narcotrafic.
Petro a partagé des images sur X, montrant un engin explosif non déclenché tombé près de la frontière colombienne. Selon ses dires, cet incident a eu lieu à « cent mètres de la maison d’une famille de paysans pauvres ». Il a lancé un appel à enquêter sur ce qui pourrait être une grave violation de son territoire.
De son côté, le président équatorien, Daniel Noboa, qui mène actuellement une opération de deux semaines contre le narcotrafic, a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de « fausses ». « Nous agissons sur notre territoire, pas sur le vôtre », a-t-il affirmé via X, tout en ajoutant que l'Équateur bombarde des cachettes associées à des groupes criminels, souvent colombiens, qui causent des problèmes sur son sol.
Bouleversement près de la frontière
Les tensions entre les deux nations se sont intensifiées, agitées par un contexte régional marqué par la violence liée au trafic de drogue. La frontière commune d'environ 600 kilomètres est un haut lieu d'activités illégales, dont le trafic de drogue et la traite d'êtres humains.
Des témoins de la région, comme Julian Imbacuan, un agriculteur d'Ipiales, rapportent des événements troublants. « Une bombe est tombée tout près de la maison, à environ 50-60 mètres », confie-t-il à l'Agence France-Presse (AFP), indiquant que plusieurs avions ont survolé la zone. Il exprime son angoisse face à la possibilité de nouvelles explosions.
Des images fournies à l'AFP mettent en lumière la présence de bombes de 250 kilos, considérées comme des « bombes à chute libre », généralement fabriquées aux États-Unis et au Brésil. Le ministre colombien de la Défense a d'ores et déjà conseillé aux habitants de rester à l'écart de la zone.
Une offensive contre le crime organisé
L'Équateur a récemment lancé des opérations antinarcotrafic avec le soutien des États-Unis, renforçant ainsi les mesures sécuritaires dans plusieurs provinces côtières. Le président américain Donald Trump avait institué le « Bouclier des Amériques », une coalition de pays destinée à contrer le trafic de stupéfiants, laissant de côté la Colombie et d'autres régimes de gauche.
Au début du mois, l'Équateur avait déjà annoncé avoir bombardé un camp d’entraînement d'une guérilla supposée impliquer des syndicat de trafic de drogue. Avec environ 70 % de la cocaïne mondiale transitant par son territoire, l'Équateur se trouve au cœur de la lutte internationale contre le narco-trafic.







