Dubaï se retrouve face à un nouveau défi : la guerre pourrait-elle affecter cette cité dynamique ? Ce qui n'était qu'une étendue désertique il y a seulement cinquante ans est désormais un paysage urbain flamboyant, parsemé de gratte-ciels et de voitures haut de gamme. La population de Dubaï a atteint près de 4 millions d'habitants aujourd'hui, alors qu'en 1971, selon un reportage de l'ORTF, la ville n'en comptait que 60 000, suffoquant sous des températures atteignant 45 degrés à l'ombre.
À l'époque, Dubaï, encore un port de commerce, se concentrait sur la vente d'or et de pétrole. Bien que les ressources pétrolières de l'Émirat aient été limitées, elles ont été suffisantes pour initier un développement économique remarquable. "Dubaï avait des ressources pétrolières, mais elles ont diminué dans les années 70. Cela a conduit à un effort précoce de diversification économique," explique Alexandre Kazerouni, chercheur à l’Ecole normale supérieure.
Une diversification audacieuse
La stratégie de diversification de Dubaï a mis l'accent sur le tourisme et le secteur des loisirs. Un reportage de 1980 de 20 Heures d'Antenne 2 dévoilait la première patinoire de Dubaï, créant un contraste intéressant entre la tenue traditionnelle émiratie et le patinage artistique au cœur d'une chaleur torride.
Pour attirer les touristes, Dubaï a développé sa compagnie aérienne, Emirates, en 1985, tandis que l'émir s'attelait à la construction d'infrastructures innovantes. L'année 2004 a vu l'émergence de projets ambitieux, comme l'artificialisation de l'espace maritime avec des îles destinées à la jet set, et une urbanisation rapide qui a continué jusqu'en 2006. "Dubaï a une vision unique et a toujours vingt ans d'avance sur les autres," affirme Didier Boussemart, ancien directeur d'Axa Moyen-Orient.
Dubaï face à une crise sans précédent
Pour mieux comprendre cette transformation, des images satellites montrent comment, entre 1984 et 2004, Dubaï a progressivement conquis le désert et la mer. Alors qu'en 2024, la ville révèlera un paysage urbain toujours plus bétonné, son système fiscal favorable attire de nombreux investisseurs, n'imposant ni impôt sur le revenu ni impôts élevés sur les sociétés.
L'ombre de la guerre planée-t-elle sur le modèle économique de Dubaï ? Pas nécessairement, selon certains analystes. Cécile Chamaret, professeure à l’Ecole polytechnique, note : "Ils ont déjà traversé d'autres crises, comme celle de 2008. Leur cycle économique est différent de celui d'Europe. Si la situation ne s'enlise pas trop, ils devraient rebondir rapidement." Aujourd'hui, Dubaï, capitale financière mondiale, pourrait faire face à l'une des crises les plus significatives de son histoire.







