Mojtaba Khamenei, fils de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, a été élu nouveau leader d'Iran par l'Assemblée des experts, une instance influente au sein du clergé chiite. Cette nomination, survenue dans un contexte de tensions exacerbées en raison des opérations américano-israéliennes, souligne la volonté du régime de maintenir une continuité à la tête de l'État.
Le nouvel ayatollah, âgé de 56 ans, était peu connu du grand public, mais a agi comme « éminence grise » pour son père, soutient Théo Nencini, chercheur à l'Institut catholique de Paris. « Cette désignation vise à renforcer la stabilité interne du régime et à s'adapter aux circonstances de la guerre actuelle », ajoute-t-il.
Un conservateur à la tête de l'État
Mojtaba Khamenei est perçu comme une réplique de son père, selon le politologue Bertrand Badié. Sa formation par l'ayatollah Mesbah Yazdi, connu pour ses idées conservatrices, accentue son alignement avec les valeurs traditionnelles du régime. Il a également joué un rôle actif dans la répression des manifestations de 2009, renforçant ainsi son image de dur à cuire.
Proche des Gardiens de la Révolution, le nouveau guide pourrait ainsi renforcer l'unité entre les autorités politiques et militaires. Cela pourrait, espèrent les analystes, revitaliser une allégeance marquée des forces armées envers le pouvoir.
Un retour en arrière ?
Cependant, cette nomination soulève la question d'une éventuelle dynastie. « La révolution de 1979 s'est opposée à la transmission du pouvoir dans un cadre familial », rappelle Théo Nencini. Le shah, renversé lors de cette révolution, avait lui-même régné durant 54 ans. L'héritage dynastique des Khamenei pourrait donc éroder la légitimité du régime, tout en suscitant des manifestations de soutien à Téhéran.
Malgré un soutien fort du Hezbollah et des encouragements de Vladimir Poutine, les critiques ne manquent pas, notamment celle de Donald Trump, qui a exprimé des doutes sur la longévité du nouveau guide sans un soutien stratégique adéquat. « Je ne suis pas content », a-t-il déclaré dans une interview au New York Post.
À mesure que la situation évolue, l'avenir du régime iranien et sa capacité à naviguer au travers de ces changements demeurent des points d'interrogation majeurs pour les analystes et les observateurs internationaux.







