Fini le panachage. À partir des municipales de 2026, un nouveau mode de scrutin par liste paritaire complète sera appliqué dans les communes de moins de 1 000 habitants. À Quibou, petit village de la Manche, les habitants sont partagés face à cette évolution politique.
Un marché haut en couleur
Jeudi 5 mars 2026, Quibou, un village de 842 habitants selon l'Insee 2022, vivait son traditionnel marché. À moins de deux semaines des élections municipales, l'atmosphère était chargée d'interrogations sur le nouveau scrutin qui les attend. Comment les électeurs accueillent-ils cette réforme ?
Un mode de scrutin controversé
Selon la loi du 21 mai 2025, ce mode de scrutin impose le dépôt de listes complètes, abolissant ainsi le panachage. Le gouvernement précise que ce changement élargit le principe d’égalité à travers des listes paritaires.
Cependant, l'application de cette règle suscite des doutes, notamment concernant l'abstention et les bulletins nuls, crédibilisant ainsi des craintes déjà exprimées par certains électeurs.
Un habitant, qui préfère rester anonyme, résume son ressentiment : Je ne vote même pas. Je ne connais pas les candidats, je les vois seulement sur le tract.
D'autres s'inquiètent de la pertinence de voter pour une unique liste : Quand il y a une seule liste, ça vaut encore le coup d’y aller ?
s'interroge un autre Quibois.
Une perspective d’abstention record
Les craintes quant à l’éventuelle montée de l’abstention sont partagé par plusieurs habitants. Je pense que le taux d’abstention va crever le plafond
, avertit un électeur, il risque d’y avoir beaucoup de bulletins nuls, ça va être folklorique !
Malgré certaines réticences, d'autres voient cette réforme d’un bon œil. Ça peut favoriser l’égalité homme-femme
, affirme Jessica Laurent, témoignant ainsi d'un soutien à la parité. Un avis que partage Karin Lacroix, habitante de Notre-Dame-de-Cenilly, qui espère un enthousiasme accru des femmes pour la politique.
Pourtant, la dissension persiste, comme le souligne un homme de Moyon : Rayer des noms était essentiel, c’est une question de démocratie.
Un futur incertain
L'avenir du scrutin reste donc incertain à Quibou, où une clarté accrue des règles de vote pourrait jouer un rôle crucial dans la mobilisation des électeurs en vue des municipales 2026. Djamila Hélaine, résidente depuis 2019, exprime son désaccord avec le nouveau système, constatant que déconstruire certaines candidatures pourrait faire entendre des voix critiques.
En attendant, de nombreux habitants semblent s'interroger sur leur rôle face à l'inéluctable changement, tenant ainsi le sort des élections à Quibou entre leurs mains.







