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Patrick Dutartre, général de l'Armée de l'air, a été l'invité de Léa Salamé dans le 20 Heures, mardi 3 mars, pour discuter de la situation tendue au Moyen-Orient.
Franceinfo : Ce matin, l'Iran a mis en garde les Européens contre toute forme d'implication dans le conflit. Est-ce à prendre comme une menace pour la France ?
Patrick Dutartre : Absolument, nous pourrions devenir des cibles. Cela s'explique par nos partenariats qui nous lient à des bases militaires dans la région. Tout comme les États-Unis, nous sommes exposés aux menaces, car nos installations se situent à proximité de l'Iran.
Emmanuel Macron avait déclaré que dans le cas où nos alliés, tels que les Émirats arabes unis ou le Koweït, seraient attaqués, la France s'engagerait à les soutenir. Quels moyens de défense cela implique-t-il ?
Nous disposons de systèmes solaires capables de venir renforcer la protection des Émirats et autres pays de la région. De plus, nos avions sont prêts à intercepter toute menace. Si une situation l'exigeait, nous pourrions envisager des actions plus significatives, mais pour l’heure, cela demeure une hypothèse.
Qu'entend-on par actions plus significatives ?
Il s'agirait potentiellement de riposter à des bases de missiles avant qu'elles ne soient utilisées.
Le porte-avions Charles de Gaulle se dirige vers la Méditerranée. Quel est son rôle dans ce contexte ?
Ce porte-avions représente une puissance complémentaire aux bases aériennes déjà mobilisées. En effet, ses avions et ses systèmes de défense aérienne peuvent jouer un rôle crucial, notamment pour soutenir nos alliés chypriotes et britanniques, récemment menacés.
Donald Trump évoque une guerre qui pourrait durer plusieurs semaines. Qu'en pensez-vous ?
Étienne Leenhardt, chef du service international de France Télévisions : Cependant, il est important de rappeler que ce n’est pas Trump qui a le contrôle sur la durée du conflit. Cela dépend davantage de la résilience du régime iranien face aux attaques israéliennes et de sa capacité à mener des contre-offensives.
Un autre point délicat est la convergence des objectifs entre Israël et les États-Unis. Israël cherche un changement de régime, tandis que les motivations américaines semblent plus floues, comme le rappelle Leenhardt.
Le général Dutartre, comment peut-on protéger le détroit d'Ormuz, vital pour le transit pétrolier ?
Patrick Dutartre : Pour cela, il est essentiel d'empêcher le régime iranien d'attaquer les navires dans cette zone stratégique. Il faudra non seulement assurer la protection des bateaux, mais aussi éradiquer les menaces potentielles. Assurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz est crucial pour tous.
En une minute, un message aux Français, qu'est-ce que vous pouvez leur dire ?
Patrick Dutartre : La France prône avant tout la paix et la diplomatie. Cependant, si nos intérêts sont menacés, notre devoir est de protéger nos ressortissants et nos installations.
Étienne Leenhardt : Le président a clairement affiché une volonté de préserver notre approche diplomatique, distincte de celle des États-Unis et d'Israël. Cependant, si la situation s'aggrave, la France pourrait-elle vraiment rester à l'écart ? Seul l'avenir le dira.
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