Cette mise sur le marché se faisait attendre depuis près de deux ans en France : la Haute Autorité de santé (HAS) avait validé son intérêt, bien qu'elle n'y voyait qu'une amélioration « modérée » du service médical rendu.
Un nouveau traitement préventif injectable contre l'infection par le VIH, attendu avec impatience par les spécialistes et les associations, est enfin arrivé en France, suite à la publication d'un arrêté gouvernemental le 26 février 2026. Le cabotégravir, vendu sous le nom d'Apretude par ViiV Healthcare, pourra être entièrement remboursé en raison de son caractère « irremplaçable et particulièrement coûteux », selon le Journal officiel.
Alors qu'un traitement de prophylaxie pré-exposition (PrEP) est déjà disponible sous forme de comprimés, le cabotégravir offre la possibilité d'une injection tous les deux mois, ce qui réduit le risque de mauvais suivi et d'abandon du traitement. De nombreux experts, dont ceux de l'agence Onusida, prédisent que ce médicament pourrait « changer la donne » contre le sida. L'association française Aides l'a qualifié d'« avancée majeure dans la lutte contre le VIH/sida », qui permettra d'améliorer l'accès à la prévention pour ceux pour qui la formule orale est difficile à suivre.
Une question de coût
La commercialisation de ce traitement avait été suspendue pendant près de deux ans en raison de négociations autour de son prix. La HAS avait validé le traitement en été 2024, mais avait exprimé des réserves en signalant un avantage « modéré ». Officialement, la dose d'Apretude est vendue à plus de 1.000 €, mais le tarif remboursé par l'Assurance maladie reste secret. Aides souligne que l'accès à la PrEP injectable nécessite également que les patients réalisent un test de charge virale, qui n'est pas entièrement pris en charge, entraînant potentiellement un reste à charge pour les utilisateurs.
Des précautions à prendre
Il est important de noter que le traitement ne sera pas adapté à toutes les personnes exposées au VIH. La HAS ne recommande pas son utilisation chez les femmes en âge de procréer à cause d'un « risque potentiel de malformation » chez le fœtus. Dans le cas où une prescription serait nécessaire, il est impératif que la patiente soit « avertie » de ces risques et qu'elle suive des méthodes contraceptives efficaces, avec un test de grossesse recommandé avant toute prescription.







