Le 24 février 2022, le président russe Vladimir Poutine apparaît à la télévision pour annoncer le lancement d'une "opération militaire spéciale" à 5h30 du matin, heure de Moscou.
À peine une heure après son discours, des bombardements frappent l'Ukraine. Les troupes russes pénètrent le territoire depuis plusieurs points, y compris la Biélorussie et la Crimée, avec pour cible la capitale Kiev et la ville d’Odessa.
Ce qui devait être une offensive éclair s'est transformé en un conflit d'une ampleur tragique, marqué par d'énormes pertes humaines. À l’époque, nombreux étaient ceux dans l'Ouest, y compris la France, à croire que cette guerre était improbable; rétrospectivement, elle s'avérait pourtant inéluctable.
Des troupes russes déployées dès novembre 2021
Le début de l’année 2021 annonce une intensification des hostilités entre l'Ukraine et la Russie, en guerre depuis 2014, suite à l'annexion de la Crimée par Moscou. Les exigences du Kremlin pour des garanties contre l'élargissement de l'OTAN vers l'Ukraine, notamment, tombent dans l’oreille d’un sourd.
Vladimir Poutine renforce alors son offensive en novembre avec le déploiement d'un nombre conséquent de soldats à la frontière ukrainienne, une préparation qui ne cesse d'intensifier à l'approche de février 2022. Des images satellites témoignent de cette concentration militaire.
Selon une évaluation de Washington, plus de 100 000 hommes sont déjà en position près des frontières ukrainiennes.
Le scepticisme français malgré les avertissements américains
Depuis octobre, les États-Unis, soutenus par le Royaume-Uni, s’inquiètent des intentions de Moscou. Pour eux, une invasion est inévitable. Les services secrets avancent une date d'attaque au 16 février, mais du côté français, le ton reste sceptique, voire dédaigneux.
"Les renseignements français estimaient que le risque d'invasion était faible, pensant que le déploiement militaire servait de pression lors des négociations", note le géopolitologue Ulrich Bounat à BFM.
Les Français mettent en doute la fiabilité des informations fournies par Washington, arguant qu'elles manquent de preuves concrètes. De plus, la crainte de perdre l'approvisionnement énergétique du gaz russe colore leur analyse.
Un retrait prétendu des troupes : un mensonge de Moscou
Le 15 février, dans un contexte déjà tendu, la Russie annonce un retrait de ses troupes après des exercices militaires. "C'est un processus normal", affirme le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov. Cependant, ces déclarations ne sont que du vent, selon les analystes militaires.
Les États-Unis, pour leur part, signalent une augmentation de 7 000 soldats russes. Le 18 février, Emmanuel Macron souligne qu'il n'a pas la preuve d'un quelconque désengagement.
L'escalade dans le Donbass
La situation s'aggrave dans le Donbass, où les forces ukrainiennes affrontent des séparatistes prorusses. L'OSCE note une intensification des violations du cessez-le-feu, et les séparatistes organisent l'évacuation de civils vers la Russie, prétextant des bombardements ukrainiens. Les États-Unis interprètent ces mouvements comme des préparatifs pour une attaque en Ukraine.
Emmanuel Macron tente de convaincre Poutine
Dans cette cacophonie diplomatique, Emmanuel Macron continue d'œuvrer pour éviter le conflit en appelant Vladimir Poutine le 20 février, quatre jours avant l'invasion. Malgré les mises en garde militaires, le président français espère que le dialogue prévaudra.
Les échanges révèlent un agacement croissant des deux côtés. Poutine remet en question la légitimité du gouvernement ukrainien et continue de jouer la montre tout en maintenant ses troupes à la frontière.
La reconnaissance des zones séparatistes par Poutine
Le 21 février, Vladimir Poutine annonce la reconnaissance des républiques séparatistes, un acte en violation des accords de Minsk qui illustre franchement son intention de passer à l’action militaire. Cela est rapidement suivi par des mouvements de troupes russes dans le Donbass, que la communauté internationale qualifiera bientôt d'invasion.
Les représailles suivent : de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou émergent de la part des pays occidentaux, avec la suspension du gazoduc Nord Stream 2 par Berlin et des sanctions financières de Washington.
La population ukrainienne, entre temps, commence à ressentir de plein fouet la peur d'une guerre imminente. "Tout le monde s'inquiète", confie une habitante de Kiev. Dans une atmosphère d'angoisse, c'est le jour tant redouté, le 24 février, qui met fin à l'incertitude.







