La Russie a confirmé sa participation à une rencontre trilatérale qui réunira aujourd'hui des représentants d'Ukraine, de Russie et des États-Unis à Abou Dhabi. Selon le Kremlin, une résolution durable du conflit est inenvisageable sans aborder les questions territoriales. Cette rencontre survient après un échange important entre l'émissaire américain Steve Witkoff et le président russe Vladimir Poutine à Moscou.
«Il a été convenu que la première réunion d'un groupe de travail trilatéral sur les questions de sécurité se tiendra dès aujourd'hui à Abou Dhabi», a déclaré Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, au cours d'une conférence de presse matinale.
La délégation russe, dirigée par le général Igor Kostioukov, est attendue à Abou Dhabi dans les prochaines heures. «Les Américains ont déployé de nombreux efforts pour préparer cette réunion et espèrent qu'elle ouvrira des perspectives pour faire avancer les discussions portant sur l'issue du conflit en Ukraine», a précisé M. Ouchakov.
En parallèle, une autre rencontre abordera des questions économiques entre Steve Witkoff et Kirill Dmitriev, l'émissaire russe pour les affaires économiques internationales.
«Nous aspirons sincèrement à un règlement pacifique du conflit par des voies politico-diplomatiques», a affirmé Ouchakov, tout en ajoutant que «la Russie poursuivra ses objectifs sur le champ de bataille tant qu'un accord n'est pas atteint».
L'émissaire américain s'entretient avec Poutine
Avant l'annonce officielle, Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner, le gendre du président américain, a eu une discussion prolongée avec Poutine qui a duré plus de trois heures. «Il a été souligné que sans résoudre la question des frontières, le règlement à long terme est illusoire», a noté Iouri Ouchakov, évoquant une précédente rencontre entre Poutine et Donald Trump en Alaska.
L'émissaire américain a multiplié les entretiens avec Poutine au fil des mois, dans le cadre des efforts visant à mettre fin aux hostilités en Ukraine. Lors d'une discussion à Davos, Witkoff a souligné des «progrès notables» réalisés lors de sa récente rencontre à Miami avec les négociateurs ukrainiens, notant : «Nous avons concentré le débat sur un point essentiel.»
Zelensky tacle l'Europe
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué ses alliés européens, qualifiant l'Europe de «fragmentée» et «perdue» dans son approche face à la Russie. Après une rencontre avec Trump à Davos, il a dénoncé le manque de «volonté politique» en europe.
Dans un discours percutant, Zelensky a déploré la tendance de l'Europe à débattre de l'avenir sans agir sur le présent. Il a affirmé que «aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis», soulignant que le soutien américain est forcé à être «indispensable».
Dans un contexte de tensions géopolitiques, la position de l'Ukraine semble de plus en plus liée à des actions concrètes de ses partenaires internationaux.
L'Ukraine n'est plus en défaut sur sa dette
L'agence de notation S&P a récemment reclassé la dette de long terme ukrainienne de «défaut partiel» à «spéculative», attribuant une note de CCC+. Cette évolution sur le plan financier survient alors que la Ukraine reçoit de plus en plus de soutien international, notamment de l'Union européenne, avec un prêt de 90 milliards d'euros pour soutenir son budget et son effort militaire.
Selon S&P, cette amélioration de la notation reflète un «service de la dette gérable à court terme» et un soutien financier continu, réduisant ainsi les inquiétudes sur la capacité de l'Ukraine à honorer ses obligations.







