Face à la justice américaine pour la première fois depuis son arrestation, l'ancien président du Venezuela, Nicolás Maduro, a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue, se décrivant comme un «prisonnier de guerre». Lors de sa comparution au Southern District de Manhattan, Maduro, accompagné de son épouse, a déclaré avec passion : «Je suis innocent».
Ce lundi, l'ancien dirigeant vénézuélien, âgé de 63 ans, a été formellement inculpé de plusieurs chefs d'accusation, incluant le narcoterrorisme. "Je suis le président de la République du Venezuela et je suis ici kidnappé depuis le 3 janvier", a-t-il affirmé, avant d'être interrompu par le juge Alvin Hellerstein, qui lui a demandé de confirmer son identité.
Maduro, habillé d'une tenue semblant être celle fournie lors de son arrestation, a assisté à l'audience en prenant des notes à l'aide d'un casque de traduction. Le juge a ordonné son maintien en détention au centre correctionnel de Brooklyn, réputé pour ses conditions difficiles.
À l'extérieur du tribunal, des partisans de Maduro se sont opposés à des manifestants en désaccord avec son arrestation. Angel Montero, un Vénézuélien de 36 ans, a exprimé sa gratitude envers les États-Unis pour cette capture, la qualifiant de cadeau d'anniversaire. À l'inverse, Sydney Loving, une manifestante, a critiqué l'intervention américaine, arguant qu'elle aggrave la situation des relations internationales.
Dans son pays natal, le soutien à Maduro reste ferme. Des députés ont scandé «Allez Nico» lors d'une session parlementaire, montrant leur solidarité envers leur ancien leader. Une nouvelle inculpation, publiée récemment, vise également d'autres figures importantes de son gouvernement, dont Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, et son fils.
L'acte d'accusation dépeint Maduro comme le leader d'un gouvernement corrompu ayant tissé des liens avec des groupes armés et des cartels criminels pour faciliter le trafic de drogue vers les États-Unis. Alors que Delcy Rodriguez, n°2 dans l'ancien gouvernement, a montré une volonté d'établissement de relations ouvertes avec les États-Unis, des experts estiment que la situation reste tendue et incertaine.
La légitimité de cette intervention américaine est contestée sur la scène internationale, plusieurs pays ayant remis en question l'opportunité de ces actions, souvent perçues comme une forme d'ingérence. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a récemment souligné l'importance de respecter l'«indépendance politique» des nations. Emmanuel Macron a également pris position, déclarant que la méthode utilisée par les États-Unis pour capturer Maduro n'était «ni soutenue ni approuvée» par la France.
Alors que les tensions montent, le regard du monde est désormais tourné vers New York et Caracas, alors que les implications de cette arrestation pourraient se répercuter bien au-delà des frontières vénézuéliennes.







