La question du service militaire obligatoire est de nouveau sur la table en Allemagne. D'ici juillet 2027, le pays devra décider de rétablir ce système, afin de renforcer ses capacités militaires face à des menaces croissantes, notamment celle de la Russie. Selon Thomas Röwekamp, un responsable parlementaire, cette mesure ne concernerait pas la totalité des 350.000 jeunes Allemands d'années, mais s'appliquerait uniquement aux effectifs nécessaires chaque année pour soutenir l'armée.
La Bundeswehr, qui peine à recruter, a généré des résultats décevants en matière de volontariat, avec seulement 530 nouveaux soldats recrutés entre janvier et mai, malgré un recensement obligatoire pour les jeunes hommes. « Si le volontariat ne parvient pas à atteindre nos objectifs, nous n'aurons d'autre choix que de revenir à la conscription », selon M. Röwekamp, président de la commission de défense du Bundestag.
Ce retour au service militaire pourrait également permettre d'augmenter les rangs de l'armée allemande, qui vise à passer de 185.000 à au moins 260.000 militaires d'ici 2035. Malgré les réticences d'une partie de la jeunesse allemande, qui se mobilise régulièrement contre la réintroduction de la conscription, le parlementaire souligne l'importance de sensibiliser les jeunes aux enjeux de sécurité. « Nous n'avons pas discuté avec eux des réalités de la guerre et de la paix depuis la fin de la conscription en 2011 », rappelle-t-il.
À l'échelle européenne, M. Röwekamp affirme qu'il est crucial pour les pays du continent de se doter de leurs propres moyens militaires en raison des atteintes potentielles à la paix, illustrées par les ambitions de Vladimir Poutine. L'Europe doit donc se réarmer indépendamment, en tenant compte des fluctuations de l'engagement américain. En parallèle, la coopération entre la France et l'Allemagne se poursuit, notamment avec le consortium KNDS, qui travaille sur le développement de chars communs.
Le récent soutien des États-Unis à l'Ukraine renforce l'urgence d'une réponse unie face aux défis géopolitiques actuels. « Une position forte est essentielle pour maintenir l'unité de l'alliance contre les menaces extérieures », conclut Thomas Röwekamp.







