Une mère éplorée cherche justice après la mort tragique de sa fille de 16 ans, atteinte d'amaigrissement sévère au Japon, suite à une détention traumatisante. Dans une plainte déposée le 17 juin dernier devant le tribunal de district de Kobe, elle accuse l'État d'inaction dans un contexte où les droits des détenus sont souvent bafoués.
Selon la plainte, la jeune fille a subi 18 jours d'incarcération où elle a vécu un véritable calvaire. Libérée, elle pesait alors à peine 20 kg et est décédée cinq mois plus tard d'émaciation. "Ma fille était méconnaissable quand elle est morte", a déclaré sa mère, qui utilise le pseudonyme Runa dans la plainte, lors d'une conférence de presse.
Des critiques du système judiciaire japonais, telle que celles exprimées par des associations de droits humains, grandissent depuis quelques années. Ces experts dénoncent le fait que la présomption d'innocence est souvent ignorée, laissant les accusés à la merci d'un système où les aveux sont pratiquement exigés pour obtenir une libération. Runa, accusée d'agression envers une patiente dans un centre pour personnes handicapées, a toujours clamé son innocence. Selon sa mère, elle tentait simplement d'éviter un incident.
Après son arrestation en juin 2025, Runa a été soumise à des interrogatoires prolongés, pendant lesquels elle a subi des pressions pour avouer. Son avocat, Masahiro Sasaki, a partagé des détails choquants, affirmant qu'un enquêteur lui a dit : "Tu l'as fait, n'est-ce pas? Avoue maintenant". Cette pression psychologique a eu des conséquences dévastatrices sur la santé mentale de Runa, diagnostiquée avec un syndrome de stress post-traumatique et de sérieux troubles alimentaires. La demande d'indemnisation de la famille s'élève à 100 millions de yens (environ 540 000 euros).
Cette affaire met en lumière ce que certains qualifient de "justice de l'otage", un terme qui reflète les pratiques souvent contestées par les défenseurs des droits humains, qui incluent le cas connu d'Iwao Hakamada, acquitté après avoir passé 46 ans dans le couloir de la mort. Les organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Now, continuent de dénoncer ces abus d'une justice manquée, faisant écho à d'autres cas similaires.
Le parquet de Kobe a choisi de ne pas commenter cette plainte jusqu'à présent. Dans un contexte où les droits des détenus sont de plus en plus surveillés, ce triste évènement pousse à redéfinir le respect des droits humains au Japon.







