Lors du Dialogue de Shangri-La à Singapour, Pete Hegseth, le secrétaire américain à la Défense, a exprimé des préoccupations légitimes concernant le renforcement militaire de la Chine en Asie-Pacifique. Malgré cela, il a insisté sur la nécessité d'un "équilibre stable" dans la région, excluant toute idée d'hégémonie.
"L'ampleur historique de l'armement chinois est véritablement alarmante", a-t-il déclaré devant un auditoire composé de responsables militaires et de décideurs, tout en appelant à éviter "une confrontation inutile".
Hegseth a mis l'accent sur le désir américain de maintenir une stabilité qui profite à tous, y compris à leurs alliés asiatiques. Cela implique un dialogue "respectueux" et "de bonne foi" avec Pékin.
Il a souligné l'importance d'un rapport de forces favorable, où aucun pays, même la Chine, ne pourrait imposer son hégémonie. "Il est essentiel que chacun respecte la souveraineté des autres tout en garantissant la sécurité de notre nation et de nos alliés," a-t-il ajouté.
Cette déclaration intervient quelques semaines après une visite de Donald Trump en Chine, où le président a vanté des accords commerciaux prometteurs. Hegseth a révélé que la position des États-Unis concernant Taïwan demeurait inchangée, mais que les décisions concernant d'éventuelles ventes d'armes dépendraient de Trump.
Des experts, comme Oh Ei Sun de l'Institut singapourien des affaires internationales, ont noté que les propos de Hegseth faisaient écho à une atmosphère "plutôt positive" suite à la visite de Trump. Toutefois, il avertit qu'il ne faut pas exclure la compétition entre grandes puissances : "Nous devons renforcer nos capacités tout en incitant nos alliés à faire de même".
Hegseth a également appelé les alliés des États-Unis à investir davantage dans leur défense. Il a particulièrement salué les efforts de pays tels que la Corée du Sud et le Japon, tout en avertissant que ceux qui négligent leur part du fardeau pourraient faire face à des répercussions dans la manière dont les États-Unis opèrent avec eux.
Le Dialogue de Shangri-La, qui se tient sur trois jours, attire des responsables politiques et militaires de 45 pays. Cette année, la représentation chinoise se limite à des experts militaires, sans la présence de représentants de haut niveau. Cela semble refléter la montée en puissance de la Chine, qui pourrait ne plus juger nécessaire d'envoyer ses plus hauts responsables.
Cette absence présente néanmoins un risque : la Chine pourrait ne pas être en mesure de défendre sa position sur des questions telles que Taïwan ou son rôle dans la guerre américano-israélienne contre l'Iran.
Enfin, Hegseth est attendu pour des discussions bilatérales avec ses homologues du Royaume-Uni et d'Australie dans le cadre de l'alliance de sécurité trilatérale AUKUS. Ce partenariat vise à renforcer la stabilité en Asie-Pacifique, bien que la Chine y voit un moyen de contrer son ascension militaire.
Des médias australiens indiquent que les pays AUKUS pourraient annoncer de nouveaux projets, comme des drones sous-marins, afin de renforcer leur coopération dans le domaine de la défense.







