Le président brésilien Lula n'a pas mâché ses mots en critiquant la récente décision américaine de qualifier le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) d'organisations terroristes. Lors d'une visite dans l'État de Sergipe, Lula a affirmé qu'il s'agissait d'une grave atteinte à la souveraineté brésilienne, déclarant : "Nous ne sommes pas des gamins et nous ne voulons pas être considérés comme une république de pacotille." Il a mis en garde contre toute ingérence dans la démocratie brésilienne.
Les autorités brésiliennes réfutent cette qualification, précisant que ces groupes relèvent davantage du crime organisé que du terrorisme. Selon Luciano Flores, commissaire de la police fédérale, le PCC et le CV "n’entrent pas dans le cadre de la loi brésilienne sur le terrorisme" mais doivent plutôt être vus comme des organisations criminelles internationales.
Washington défend sa position
En réponse, Washington, par la voix du secrétaire d'État Marco Rubio, justifie cette décision en qualifiant le PCC et le CV "d'organisations criminelles parmi les plus violentes du Brésil." Ces groupes jouent un rôle clé dans le trafic de cocaïne et exercent une grande influence dans plusieurs régions.
Lula a également réagi directement aux remarques de Rubio, exprimant sa tristesse quant à cette étiquette donnée à des criminels brésiliens, et dénonçant toute possibilité d'intervention américaine dans le pays. Pour lui, "ces criminels peuvent effectivement être considérés comme des terroristes pour les habitants des quartiers pauvres, mais ils ne sont pas ceux que Trump recherche."
Sécurité et enjeux électoraux
La déclaration américaine pourrait avoir des conséquences lourdes, avertit Brasilia, où l'on s'inquiète d'un retour en arrière dans la lutte contre la criminalité et d'un préjudice économique pour le pays. Ce contexte tendu intervient alors que la sécurité est au cœur des préoccupations des électeurs en vue des prochaines élections présidentielles prévues en octobre.
Cette polémique émerge également après que Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a activement poussé pour cette classification. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré : "Pendant que Lula plaidait auprès de Trump pour protéger ces groupes, moi, je travaillais pour les désigner comme terroristes, ce qu'ils sont." Lula a riposté en l'accusant de trahison.
Dans un climat aussi chargé, il est clair que cette affaire continuera d'affecter les relations entre le Brésil et les États-Unis, et pourrait influencer le paysage politique brésilien à l'approche des élections.







