Accusé de violences sexuelles et de torture à l'encontre des détenus, cet Ukrainien, résident en France depuis deux ans, a été mis sous écrou pour crimes contre l'humanité. Les sévices auraient été perpétrés entre 2016 et 2019 à Izoliatsia, une prison tristement célèbre de Donetsk (Ukraine), alors sous le contrôle de séparatistes prorusses soutenus par Moscou.
Yehven B., né en 1979 à Donetsk, a été interpellé le 7 avril puis placé en détention provisoire, conformément aux directives du Parquet national antiterroriste (Pnat), comme l'a indiqué ce dernier le 8 mai. Les accusations portent sur "crimes contre l'humanité et complicité", ainsi que sur des actes de torture, de violences sexuelles et de persécutions motivées par des bases politiques et sexuelles.
Selon Amnesty International, Izoliatsia était "un centre d'art contemporain transformé en prison pour détenir ceux soupçonnés de soutenir le gouvernement ukrainien" à partir de 2014. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a confirmé que "plusieurs centaines de personnes ont été enfermées et torturées dans cette prison", y compris depuis le début de l'invasion russe en 2022.
Avec l'appui d'anciennes victimes et de plusieurs ONG, les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH) ont pu entendre plusieurs anciens détenus, tant en France qu'en Ukraine. Ce travail a mis en lumière l'ampleur des abus, notamment les violences et humiliations sexuelles systémiques des détenus à Izoliatsia.
Des témoignages glaçants
Dans un document publié par l'ONU, Lyudmila Huseynova raconte son expérience : "Pendant plus de trois ans, j'ai été détenue et torturée. Les premiers jours, j'étais dans une salle de torture, où mes droits étaient totalement annulés. On était constamment debout, avec un sac sur la tête, et soumis à des coups sans raison." Ce témoignage illustre l'horreur des conditions subies par les prisonniers.
Les charges retenues contre Yehven B. incluent des "crimes, délits de guerre et complicité", touchant à l'intégrité physique et psychique des victimes, et visant à bloquer le droit des détenus à un jugement équitable. Une enquête préliminaire avait été ouverte à la suite de dénonciations faites par des organisations comme la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et Truth Hounds, une ONG ukrainienne.
Les investigations continuent maintenant sous la supervision d'un juge du Pôle crimes contre l'humanité de Paris, soulignant l'engagement de la France à lutter contre l'impunité pour de tels actes.







