Les petites entreprises russes sous pression : entre fermeture et mobilisation

Les PME russes luttent contre un système fiscal écrasant et craignent la fermeture.
Les petites entreprises russes sous pression : entre fermeture et mobilisation

Vladimir Poutine a reconnu que l'économie russe est en déclin, avec un pouvoir d'achat en baisse et des commerces qui ferment. Les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement touchées par cette crise.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Dans les rues de Saint-Pétersbourg, des enseignes autrefois prospères ferment leurs portes, victimes d'une réforme fiscale sévère. Alexei Zagiguine, propriétaire de plusieurs magasins de vêtements, témoigne : "Nous avons six boutiques maintenant, contre sept auparavant. Nous avons dû en vendre une". Lors de sa restructuration, il a constaté avec inquiétude les conséquences des nouvelles règles fiscales. "Avant, nous passions un impôt fixe annuellement, mais désormais, je dois verser un pourcentage de mon chiffre d'affaires chaque mois, indépendamment de de mes bénéfices". Cette situation est devenue une réalité pour des milliers de PME en Russie.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

Le financement de l'effort de guerre en Ukraine a nécessité une augmentation des impôts, ce qui pèse lourdement sur les PME. Le Budget militaire représente désormais 30 % des dépenses de l'État, selon les chiffres officiels. Lors d'une rencontre en direct avec Poutine, un boulanger du nom de Denis Maksimov a exprimé son désespoir : "Nous comprenons que la situation est compliquée. La hausse d'impôts est nécessaire, mais nous craignons pour l'avenir de nos entreprises." Son intervention a déclenché un élan de solidarité sur les réseaux sociaux, avec le slogan "Nous sommes tous Mashenka", du nom de sa boulangerie.

La TVA augmente aussi

Une étude menée par la haute école d'économie de Moscou révèle qu'un tiers des dirigeants d'entreprises craignent la fermeture. La récente hausse de la TVA de 20 à 22 % a aggravé ces craintes. Darya Demchenko, propriétaire de plusieurs salons de beauté, indique qu'elle n'a conservé qu'un seul établissement à cause de la pression financière. "Avec la hausse de la TVA, mes coûts ont grimpé, rendant la situation intenable", confie-t-elle.

Bien que le gouvernement ait suspendu certaines hausses fiscales pour le secteur de la restauration, les craintes de faillites continuent de croître, remettant en question l'efficacité des mesures fiscales censées renflouer les caisses de l'État. Les PME sous pression se battent pour survivre, mais la route à venir semble semée d'embûches.

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