Lors d'un sommet informel à Chypre, les leaders européens ont été confrontés à l'ampleur des crises qui secouent le Vieux Continent. Deux conflits majeurs s'entrelacent : l'un en Europe de l'Est qui perdure depuis plus de quatre ans, l'autre au Moyen-Orient, dont les effets s'étendent jusqu'au Liban. Malgré l'évidence des relations entre ces deux théâtres d'opérations, comme la présence commune d'acteurs et l'utilisation de drones et de missiles, peu de stratégies claires émergent pour faire face à ces crises. Au lieu de cela, l'option semble être de rester en retrait, espérant que la situation se stabilise d'elle-même.
La tenue de cette réunion dans un pays dont un tiers du territoire a été occupé par la Turquie depuis 1974 soulève des questions sur l'engagement de l'Europe envers le Moyen-Orient. Le président chypriote, Níkos Christodoulídis, a rappelé à ses homologues que Chypre n'est qu'à quelques distances de Beyrouth, Damas et Tel-Aviv, soulignant l'urgence de la situation, surtout après une récente attaque par drones iraniens sur une base britannique.
La France en soutien à Chypre
Suite à cette agression, la France a décidé, en accord avec d'autres pays, d'envoyer des forces navales en Méditerranée orientale, montrant ainsi sa solidarité avec Chypre. Cependant, la position collective des Européens est de considérer la guerre en Iran comme une problématique gérée uniquement par l'administration américaine précédente. Ils semblent donc se préparer à gérer les retombées économiques et sociales de ce conflit, espérant une reprise rapide des négociations entre les États-Unis et l'Iran.
A Nicosie, un déjeuner a été organisé pour les dirigeants libanais, égyptiens et syriens ainsi que le prince héritier de Jordanie. Ce geste, cependant, semble limité, surtout en l'absence d'Israël, acteur clé des négociations. Pendant ce temps, des discussions cruciales entre le Liban et Israël se tiennent à Washington, sous la médiation américaine, laissant l'Europe sur la touche.
Quant à l'Ukraine, un sentiment d'unité parmi les Européens émerge suite à la guerre, classée comme « leur » conflit. Au-delà des 193,3 milliards d'euros d'aide depuis 2022, ils ont accordé à Vladimir Zelensky un prêt de 90 milliards d'euros, destiné à soutenir l'effort de guerre ukrainien pour les deux prochaines années. L'ambition serait que cette somme soit remboursée par la Russie, lors de futures réparations, bien que cela semble hautement incertain.
Une stratégie incertaine pour l'avenir
Le départ de Viktor Orbán a des répercussions, incitant Zelensky à plaider pour une adhésion rapide de l'Ukraine à l'Union européenne, ce qui semble irréaliste étant donné les ravages causés par le conflit. Paris et Berlin doivent réévaluer leurs positions face à cette situation complexe.
Alors que l'Union européenne décrète un 20e paquet de sanctions contre la Russie, la France se trouve contrainte d'intercepter des pétroliers soupçonnés de transporter du pétrole russe. En opposition, l'ancienne administration américaine facilite le commerce pétrolier russe pour atténuer les effets des conflits au Moyen-Orient. Ce méli-mélo appelle à réfléchir à la stratégie européenne face à une situation mondiale instable.







