Ce samedi matin, des détonations ont retenti dans plusieurs villes du Mali, dont Kati, bastion du général Assimi Goïta, commandant de la junte militaire. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, ces tirs ont également été signalés à Gao, la plus grande ville du nord, ainsi qu'à Sévaré, dans le centre du pays, tous ces lieux étant touchés par des violences récurrentes.
Le Mali, gouverné par des militaires suite à deux coups d'État en 2020 et 2021, lutte contre une crise sécuritaire aiguë depuis 2012. Les violences, alimentées par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, ainsi que par des conflits communautaires et régionalistes, continuent de déstabiliser le pays, selon des analyses de France 24.
Face à la détérioration de la situation sécuritaire, le gouvernement malien a opéré un virage diplomatique, rompant avec ses alliés occidentaux, en particulier la France, pour se rapprocher de la Russie. Le groupe Wagner, qui soutenait le Mali dans sa lutte contre les groupes jihadistes, a annoncé son départ prévu pour juin 2025, et a depuis été rebaptisé Agrica Corps, une entité désormais sous le contrôle du ministère russe de la Défense, comme le rapporte Le Monde.
Cette junte, à l'instar de celles du Niger et du Burkina Faso, impose également des restrictions sévères à la liberté de la presse et dissout toute dissidence politique. Malgré un engagement précédemment annoncé de rendre le pouvoir aux civils d'ici mars 2024, les autorités militaires ont déjà manqué à cette promesse. En juillet 2025, le président malien Goïta a reçu un mandat prolongé de cinq ans, renouvelable indéfiniment, et ce sans élection, soulevant des inquiétudes sur son intention de maintenir le pouvoir, selon des experts de l'International Crisis Group.







