Banderoles provocantes et vidéos virales mettent en lumière le conflit qui oppose la mairie de Saint-Ouen à Master Poulet. Malgré une décision de justice en faveur du fast-food, le maire Karim Bouamrane défend une action qu'il qualifie "politique", prônant le respect des lois et la qualité de vie publique.
« Nous sommes ouverts… N’en déplaise à Karim », pouvait-on lire sur une banderole accrochée à la façade du restaurant après sa réouverture, mardi 21 avril. Le maire, en réponse, a diffusé une vidéo sur Instagram où il déambule devant l'établissement, lançant une réflexion ironique : "bien joué Master Poulet". Ce qui a relancé une discussion animée sur les réseaux sociaux, certains utilisateurs dénonçant une possible "gentrification" orchestrée par la mairie.
Une décision judiciaire qui fragilise la mairie
Le tribunal administratif de Montreuil a récemment donné raison à Master Poulet, ordonnant la levée des blocs de béton que la mairie avait installés pour entraver l'accès au restaurant. Cette mesure, jugée illégale, a été accueillie comme un soulagement par l'enseigne, qui avait précédemment exprimé des craintes pour la sécurité de ses employés.
Cependant, le tribunal a également souligné que Master Poulet devait démonter sa terrasse et sa véranda, installées sans autorisation. Une audience programmée pour le 7 mai pourrait clarifier les conséquences de ces manquements.
Accusations croisées et climat de défiance
La tension va au-delà des enjeux juridiques. Master Poulet a dénoncé ce qu'il qualifie de pressions ciblées, évoquant plusieurs interventions policières très rapprochées, tandis que la mairie plaide des violations des règles d'occupation du domaine public.
Des banderoles accusant la municipalité de "corruption" ont été posées sur le restaurant, ce qui a conduit à une plainte pour diffamation de la part des autorités locales.
Une approche politique de la part de Bouamrane
Karim Bouamrane a expressément lié sa démarche à des valeurs de droit et de santé publique. Dans un entretien, il a affirmé que les commerces installés sans respecter les normes ne devraient pas être tolérés. D’autres municipalités, comme Châtillon ou Asnières-sur-Seine, ont tenté de freiner l’expansion de Master Poulet, évoquant des pratiques similaires.
Le maire a également soulevé des préoccupations sur les nuisances sonores et l'impact sur la communauté locale. "Des habitants se plaignent de leur qualité de vie", a-t-il précisé. En conclusion, il a plaidé pour un modèle de commerce qui privilégie la qualité et la santé des habitants.
Gentrification ? Le maire répond
Face aux accusations de gentrification, Bouamrane a réagi, affirmant qu'il n'est pas question de refuser des options alimentaires saines à la population. Il a été sensible aux plaintes d'une centaine de résidents affectés par l'ouverture de l'établissement.
"Je ne suis pas en guerre contre Master Poulet, mais je défends le respect des réglementations", a-t-il précisé, soulignant que le respect des lois est primordial. Bien que le conflit semble loin d'être résolu, le maire a promis de tout mettre en œuvre pour faire respecter le droit.







