L'écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, a récemment exprimé sa volonté de quitter la France, se déclarant « fini » avec l'Hexagone. Dans une interview accordée à TF1 depuis Bruxelles, il a affirmé : « Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire. » Sansal est actuellement en route pour l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, un événement marquant dans sa carrière.
À l'origine de nombreuses tensions, Sansal a été emprisonné en Algérie pendant un an en raison de ses opinions critiques sur son pays d'origine. Libéré en novembre 2025 grâce à une grâce présidentielle, il a affirmé à l'Agence France-Presse (AFP) son mécontentement envers la vie à Paris : « Je déteste Paris, je ne pense pas que je vais rester en France. » Actuellement, il suit un traitement médical pour plusieurs maladies graves.
Le 2 juin marquera la sortie de son livre, « La Légende », dans lequel il aborde son expérience carcérale. Malgré cette occasion, il semble déterminé à quitter le pays, déclarant : « C'est pas possible. Je ne vais pas maintenant me battre avec des Don Quichotte contre les moulins. » Il a laissé entendre qu'il envisageait un avenir en Belgique.
Polémique dans le monde de l'édition
Son départ imminent coïncide avec un bouleversement dans le milieu de l'édition parisien, où il a récemment changé d'éditeur, passant de Gallimard à Grasset, une maison d'édition contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré. Ce changement a provoqué des discussions animées parmi les auteurs, beaucoup voyant cela comme une capitulation face aux intérêts politiques de Bolloré. Dans ce contexte tendu, plusieurs auteurs de renom ont quitté Grasset en signe de protestation.
À ce sujet, Sansal s'est défendu contre les accusations d'être utilisé politiquement : « Pourquoi avant mon arrivée chez Grasset personne n’a dit que les gens qui sont chez Grasset sont chez Bolloré ? » a-t-il demandé, fanfaronnant qu'il n'a jamais rencontré le magnat des médias.
Réactions à son élection
Yves Namur, secrétaire perpétuel de l'Académie belge, a reconnu que les controverses entourant Sansal compliquent le choix d'accueillir cet écrivain au sein de l'institution. Malgré des appels pour reporter sa réception, seule une académicienne a annoncé son absence, montrant ainsi des opinions partagées au sein de l'académie.
L'élection de Sansal, alors qu'il était encore en prison, a été saluée comme un acte d'honneur par l'Académie, qui le considère comme un défenseur de la liberté d'expression. « Ça me donne de la force », a-t-il conclu, reconnaissant l'impact d'une telle reconnaissance après avoir été réduit à « zéro » durant son incarcération.







