Victimes de la rafle tragique du 24 février 1944, deux familles juives de Montbéliard ont été honorées lors d'une émouvante cérémonie ce samedi 25 avril. Environ 150 personnes s'étaient rassemblées pour la pose de pavés de la mémoire "Stolpersteine", devant leurs dernières résidences connues.
Les nouveaux pavés, fixés au 29 rue Cuvier et au 4 passage de la Fleur, sont désormais des témoins silencieux de l'histoire. Ces deux Stolpersteine ont été officiellement dévoilés lors d'un événement ponctué d'émotion, impliquant même des élèves du collège Lou Blazer.
La rafle du 24 février 1944
Cette date tragique marque l'arrestation de 27 personnes de confession juive à Montbéliard, orchestrée par les autorités nazies en collaboration avec le régime de Vichy. Pierre-Michel Kahn, dont la famille est établie dans la région depuis les années 1830, se rappelle des relations harmonieuses avant la guerre. "Avant l'occupation, notre foi ne posait aucune barrière au quotidien".
Un symbole d'union et de tolérance
Dans ce contexte, Gérard Greilsammer partage le sentiment fort que cette cérémonie "termine une boucle". "C'est comme si les membres de ma famille retrouvaient enfin une sépulture", a-t-il expliqué, soulignant l'importance de la mémoire collective. Il voit en ces pavés un puissant symbole d'union entre les différentes communautés de Montbéliard.
Les Stolpersteine
Les Stolpersteine, ces petits pavés de 10 centimètres, portent des inscriptions dédiées aux victimes : nom, date de naissance, d'arrestation et, dans certains cas, celle de leur décès. Cette démarche, initiée par un groupe de travail réunissant élus et enseignants, a prévu d'autres poses à Montbéliard dans les années à venir.
Un travail de mémoire qui continue
Pour Pierre-Michel Kahn, la présence des jeunes lors de la cérémonie est un signe d'espoir. "C'est essentiel que les nouvelles générations soient au courant de ce qui s'est passé pour qu'elles puissent témoigner à leur tour". Gérard Greilsammer renchérit, rappelant l'urgence de maintenir viva la mémoire collective."Les actes d'intolérance d'aujourd'hui montrent combien il est vital de ne pas oublier l'histoire".







