En visite en Grèce le 24 avril, Emmanuel Macron a déterminé que l'Europe est à un "moment unique" face à des dirigeants des grandes puissances, perçus comme une menace pour le continent.
Le président français a déclaré que l'Europe se trouve dans une période charnière, où un président américain, un président russe et un président chinois exercent une opposition marquée contre les intérêts européens. Lors d'un discours en présence du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, cet appel visait à renforcer les alliances militaires entre Paris et Athènes, selon les informations diffusées par Franceinfo.
Avec ce constat, Emmanuel Macron a regroupé Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping dans une perspective de rapport de force défavorable au Vieux Continent. Néanmoins, le chef de l'État a pris soin de nuancer ses critiques envers les États-Unis, reconnaissant le pays comme un "allié", même s'il le considère parfois comme "non fiable" et "imprévisible". Cette opinion contraste avec la vision qu'il projette de l'Union européenne, qu'il se fait fort de présenter comme un acteur "fiable" et "prévisible" sur la scène mondiale.
Une Europe qui doit devenir une puissance
Macron a réitéré la nécessité pour l'Europe d'évoluer d'une puissance économique à une véritable puissance politique et stratégique. "Ce moment pourrait être le moment européen", a-t-il déclaré, tout en observant que l'Union dispose déjà de ressources essentielles en matière de défense, de commerce et de services financiers. Pour lui, l'enjeu dépasse la simple protection du marché européen : il s'agit d'une Europe capable de défendre urgemment ses intérêts face aux grandes puissances.
Cette intervention s'inscrit dans un contexte international tendu, marqué par des désaccords transatlantiques, la guerre en Ukraine, et l'escalade des rivalités économiques et stratégiques avec la Chine. Au cours de l'année, Emmanuel Macron a toujours plaidé pour une autonomie européenne renforcée, avec une capacité accrue à agir sans une dépendance systématique des États-Unis. À Athènes, il a encouragé les Européens à prendre conscience de leur force collective à un moment où de nombreuses capitales cherchent à réévaluer leurs priorités diplomatiques et militaires.







