Le Conseil national de l'Ordre des médecins a, le 23 avril 2026, décidé de renvoyer l'actuel et l'ancien président de l'Ordre du Finistère devant la chambre disciplinaire de Bretagne pour des manquements graves liés à l'affaire Joël Le Scouarnec. En 2006, alors que le praticien était déjà condamné pour pédopornographie, aucune sanction n'avait été prononcée par l'instance régionale.
Face aux accusations de pédocriminalité, les présidents de l'Ordre des médecins du Finistère avaient choisi de ne pas sanctionner le chirurgien Joël Le Scouarnec. Ce renvoi devant la chambre disciplinaire représente une avancée importante dans cette affaire dénoncée par de nombreuses voix, dont celle de franceinfo.
Dans un courrier du 23 avril, le Conseil a annoncé avoir pris cette décision "à l’unanimité, lors d’une session extraordinaire", traduisant ainsi un besoin de transparence et de responsabilité au sein de l’Ordre.
"Une faute d’une particulière gravité"
Cette démarche fait suite à trois plaintes déposées en janvier 2026 par l'association L'Enfant Bleu, qui a accusé les membres de l'Ordre d'une "totale inertie" à propos des alertes concernant Le Scouarnec. À l'époque, les documents internes mentionnaient des termes inquiétants tels que "porno enfant +++", sans qu'aucune action ne soit entreprise contre le praticien.
Cette inaction est jugée comme "une faute d’une particulière gravité", selon l'association, qui souligne le manque de protection pour les victimes potentielles.
Près de 300 victimes
La mise en lumière de cette procédure disciplinaire intervient alors que, début avril, l'Ordre du Finistère n’avait pas jugé opportun d’examiner les plaintes de L'Enfant Bleu, considérant que les actions de ses membres respectaient "la procédure de l’époque".
Cette attitude a été perçue comme un désaveu sévère par Jean-Christophe Boyer, avocat de L'Enfant Bleu, qui a affirmé que l'Ordre a tenté de "se défausser et qui est aujourd'hui rattrapé par la patrouille".
Joël Le Scouarnec, jugé coupable de viols et agressions sexuelles sur 299 victimes - pour la plupart mineures - a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour criminelle du Morbihan le 28 mai 2025, sans faire appel de la décision.







