Dimanche, le Bénin a organisé des élections présidentielles, un scrutin marqué par une forte probabilité de victoire pour le ministre des Finances, Romuald Wadagni, en cours pour succéder à Patrice Talon, qui termine son mandat après deux quinquennats.
Malgré une décennie de transformation économique notable, le pays fait face à des défis sécuritaires, notamment dans sa région nord, touchée par le terrorisme jihadiste.
Près de huit millions d'électeurs ont été invités à se rendre aux urnes pour choisir le prochain président. Les analystes s'accordent à dire que le choix est largement déterminé, avec pour seul concurrent un ancien ministre, Paul Hounkpè, dont la campagne a manqué de visibilité et de soutien substantiel.
Romuald Wadagni, soutenu par l'actuel président Talon et les partis de la majorité, a voté à Lokossa dans une ambiance bien plus discrète que celle de son prédécesseur, qui a effectué son vote sous les projecteurs à Cotonou, entouré de ses partisans.
« Je crois en un Bénin brillant et puissant ! » a déclaré Talon après avoir voté, exprimant son désir de passer le flambeau sans interférer dans le mandat de son successeur, tout en reconnaissant la réalité des influences résiduelles.
Dans les bureaux de vote, le rythme d'affluence était modéré, et la participation s'annonce comme le principal enjeu. Les électeurs semblaient peu mobilisés, beaucoup doutant de la possibilité d’un véritable changement à travers ce scrutin.
« C'est un jour de célébration ! Je suis heureux d'être citoyen béninois », se réjouissait un électeur, Apollinaire Guida, confiant quant aux capacités de son futur président. D’autres, comme Rahim Oké, espèrent un accent mis sur les enjeux sociaux après des efforts considérables en matière d'infrastructures.
Un certain nombre de Béninois se retrouvent cependant sans candidat, puisque le principal parti d'opposition, Les Démocrates, a échoué à réunir les parrainages indispensables. Des tensions subsistent, les divisions internes ayant contribué à ce revers. « Les frustrations sont palpables et les espoirs électoraux de nombreux citoyens ont été bafoués », prévient Rufin Godjo, spécialiste en processus électoral.
Avec une réforme constitutionnelle ayant modifié le calendrier électoral, les Béninois pourraient ne pas retourner aux urnes avant 2033, soulevant des inquiétudes sur la préservation des libertés publiques face à un modèle de gouvernance plus autoritaire.
Romuald Wadagni, en cas d'élection, sera confronté à la question des prisonniers politiques, tandis que Paul Hounkpè a promis leur libération. Le défi économique perdure également : malgré un PIB en hausse et des avancées notables, la pauvreté reste ancrée à 30% de la population.
Au-delà des promesses, la stabilisation sécuritaire, particulièrement dans le nord, sera cruciale pour le développement futur du Bénin, et la loyauté de l'armée au nouveau président sera un facteur déterminant.







