Le 11 avril dernier, lors d'une intervention à l'Assemblée nationale française, Boualem Sansal a révélé son intention de porter plainte contre Abdelmadjid Tebboune, le président algérien qui l'a gracié en novembre 2025 après une incarcération de près d'un an. "Je vais aller jusqu'au bout", a-t-il affirmé, insistant sur le fait qu'il a déjà constitué un dossier en vue d'une action en justice à l'international.
Sansal, qui a connu des turbulences majeures en raison de ses critiques ouvertes contre le régime algérien, a déclaré avoir écrit à Tebboune depuis sa cellule, précisant : "Si vous me libérez, je vous attaque en justice". Cette déclaration a suscité de nombreux applaudissements parmi le public présent.
Lors d'une table ronde animée par l'avocat Richard Malka, il a continué : "Ils m'ont condamné à mort en m'accusant de terrorisme, d'espionnage et d'atteinte à la sûreté de l'État". Ces accusations n'ont jamais été étayées par des preuves convaincantes selon lui, ce qui soulève des questions sur la légitimité de son procès. Dans cet esprit, il affirme ne pas avoir eu droit à un véritable procès, observé par des ONG ou des avocats internationaux.
Une divergence avec Gallimard et un nouveau départ chez Grasset
Dans une récente tribune publiée dans Le Monde, Sansal a discuté de son départ de l'édition Gallimard, une maison qui le soutenait pendant son incarcération. "Mon choix de rejoindre Grasset est une question de principes. Je ne peux pas accepter d'être gracié sous la pression diplomatique alors que je me bats contre un régime oppressif" a-t-il affirmé.
Sa récente acquittement, qui a été perçu par certains comme une manœuvre pour améliorer l'image du régime algérien à l'international, reste un sujet de discorde. Boualem Sansal souhaite marquer la différence et rappeler au monde que la lutte pour la vérité et la justice continue.
Selon des experts en droits de l'homme, la démarche de Sansal pourrait inspirer d'autres dissidents à s'exprimer et à se battre contre des injustices similaires, tant en Algérie qu'ailleurs. La pression internationale pourrait également jouer un rôle significatif dans ce combat.







